La venue de la DJ était contestée depuis le mois de mai. L’élu grenoblois LFI Allan Brunon appelait à un « boycott culturel » après la signature, par Barbara Butch, d’une tribune favorable à la proposition de loi Yadan. Quelques jours avant le festival, il déclarait : « Nous sommes prêts à mettre des moyens humains pour empêcher nous-mêmes la venue de Mme Barbara Butch ». Samedi, les militants sont venus avec des drapeaux, des sifflets et aucune envie d’attendre le rappel.
🔴🎶 FLASH | Vidéo de l’énorme bronca pro-Palestine qui a causé la fin de la prestation de Barbara Butch. pic.twitter.com/zNFKrBm1sI
— French Report (@french_report78) July 19, 2026
La mairie avait choisi une artiste devenue un symbole politique autant qu’une DJ. Elle a ensuite paru surprise de voir la politique arriver devant les enceintes. Très visible depuis la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, Barbara Butch avait déjà accumulé les polémiques. Le festival se présentait comme gratuit, festif et engagé. L’engagement est arrivé sans accréditation.
La loi Yadan derrière le boycott de Barbara Butch
On ne parlait pas seulement de musique. La proposition de loi Yadan, déposée en 2024, affirmait vouloir combattre les « formes renouvelées de l’antisémitisme ». Ses opposants lui reprochaient de brouiller la frontière entre la lutte nécessaire contre l’antisémitisme et la critique de l’État d’Israël. Le texte a été retiré de l’ordre du jour le 16 avril 2026. La signature, elle, est restée.
Barbara Butch figurait parmi les signataires d’une tribune publiée par Le Point en soutien au texte. Pour LFI Grenoble et les militants présents au Cabaret Frappé, cette prise de position rendait sa programmation incompatible avec la solidarité affichée envers les Palestiniens. La musique n’était que l’emballage. Le dossier s’appelait Gaza, avec en arrière-plan la façon dont la critique de la politique israélienne est traitée en France.
Jets de bouteilles et sabotage : deux soirées pour le prix d’une
Sur le reste, les versions se cognent. La Ville de Grenoble a parlé de « menaces », d’« intimidations » et de « violences ». Des jets de bouteilles en verre vers la scène et un sabotage d’installations électriques ont ensuite été rapportés. Allan Brunon conteste les projectiles et décrit le rassemblement comme une « manifestation pacifique ». Chacun dispose désormais de sa vidéo, de son communiqué et de sa soirée parallèle.
Le concert s’est donc arrêté après environ vingt minutes. Politiquement, le résultat est moins propre. Les violences alléguées offrent aux soutiens de la politique israélienne une réponse toute prête : ne plus parler de Gaza et travestir la contestation en manifestation d’antisémitisme. C’est exactement la confusion que les adversaires de la loi Yadan affirment combattre.
Bilan : vingt minutes aux platines, aucun rappel et un service de communication promis à un long été. Le concert était gratuit. Le mal de tête municipal, beaucoup moins.
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