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Donald Trump veut installer un péage de 20 % dans le détroit d’Ormuz : l’empire américain transforme le monde en autoroute payante

Après avoir déclenché une guerre contre l’Iran, annoncé une victoire, négocié un accord de paix puis repris les bombardements, Donald Trump passe à l’étape suivante : faire payer les navires qui traversent le détroit d’Ormuz. Le président américain réclame une redevance équivalente à 20 % de la valeur des marchandises transportées. Washington ne dirige plus le monde, il lui présente la facture.

mise à jour le 14/07/26

Après les bombes et les ultimatums, Trump sort la caisse pour faire payer le passage.

Le lundi 13 juillet 2026, le président américain a annoncé que les États-Unis prélèveraient une redevance de 20 % sur les cargaisons transitant par cette voie maritime stratégique. Une annonce formulée, comme souvent, dans le style sobre et mesuré qui caractérise le locataire de la Maison-Blanche. Trump a proclamé que les États-Unis seraient désormais connus comme « le gardien du détroit d’Ormuz ».

Gardien, propriétaire, videur de boîte de nuit et bientôt caissier : le rôle exact reste à définir.

Donald Trump affirme que cette taxe servirait à rembourser les dépenses engagées par l’armée américaine pour assurer la sécurité du passage. En clair, Washington bombarde la région, participe à l’embrasement du détroit, puis demande au commerce mondial de financer la protection contre le désordre auquel Washington a largement contribué.

Le pompier pyromane vient d’ajouter les frais de déplacement sur sa facture.



Une guerre, une « victoire », un accord de paix et de nouveaux bombardements

Pour comprendre à quel point cette annonce ressemble à une fuite en avant, il suffit de reprendre la chronologie.

Le conflit a commencé le 28 février 2026 avec les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran. L’offensive devait être rapide, décisive et écrasante. À Washington, on parlait déjà d’une nouvelle démonstration de puissance américaine. Sur le terrain, la guerre s’est prolongée, le détroit d’Ormuz a été perturbé et des milliers de marins se sont retrouvés coincés dans le golfe Persique.

Donald Trump a ensuite vendu au public une victoire historique. Puis il a accepté un cessez-le-feu. Le 19 juin, la Maison-Blanche célébrait encore un accord présenté comme un succès majeur de la politique « America First ».

Quelques semaines plus tard, le décor s’est écroulé. Les frappes ont repris et Trump a déclaré que l’accord ne signifiait plus rien. Le 8 juillet, il traitait les dirigeants iraniens d’« ordures » et de « gens malades », avant de acter publiquement la rupture du cessez-le-feu.

Nous sommes donc passés, en quelques mois, de la guerre éclair à la paix historique, puis de la paix historique aux bombardements, avant d’arriver au péage maritime.

À ce rythme, la prochaine étape sera peut-être l’ouverture d’une boutique de souvenirs sur un porte-avions américain.


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Une taxe de 20 % sortie du chapeau

Le projet demeure particulièrement flou. L’administration américaine n’a pas expliqué qui devra payer, comment l’argent sera prélevé, quelle autorité contrôlera les cargaisons ni ce qui arrivera aux armateurs refusant de régler la note.

On ne sait même pas avec certitude si les 20 % seront calculés sur la valeur totale des marchandises, sur le coût de leur transport ou sur les dépenses militaires américaines. Selon un ancien dirigeant du secteur maritime interrogé à propos de cette annonce, les frais de transport représentent habituellement entre 2 % et 3 % de la valeur d’une cargaison.

Trump propose donc potentiellement de facturer une somme plusieurs fois supérieure au coût normal du transport. Ce n’est plus un droit de passage. C’est une prise d’otage avec terminal de paiement.

Le président américain prétend agir « par souci d’équité ». Le mot mérite d’être savouré. Les États-Unis décideraient seuls de contrôler un passage maritime international, mobiliseraient leur marine et adresseraient ensuite la facture aux pays dépendant du pétrole, du gaz et des marchandises qui y transitent.

L’équité version Trump consiste à provoquer la crise, imposer la solution et choisir le montant du remboursement.



Donald Trump découvre le droit maritime à sa façon

Il existe aussi un détail gênant : le détroit d’Ormuz est soumis au principe de libre passage en transit. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer précise qu’un État riverain ne doit pas entraver la navigation dans un détroit international ni suspendre le droit de passage.

Washington n’a donc pas davantage vocation à transformer Ormuz en autoroute payante que Téhéran. Les deux puissances utilisent désormais cette voie maritime comme un moyen de pression, chacune se présentant comme le véritable gardien des lieux.

On savait que plusieurs empires avaient voulu contrôler les mers. L’administration Trump apporte une innovation : contrôler la mer avec une pancarte « carte bancaire acceptée ».

L’empire vacille et réclame un remboursement

L’annonce raconte surtout l’état de la puissance américaine. Un empire sûr de lui impose ses règles sans avoir besoin de proclamer chaque matin qu’il domine encore la situation. Un empire qui vacille multiplie les majuscules, les ultimatums, les déclarations de victoire et les factures improvisées.

Donald Trump avait promis de mettre fin aux guerres. Il en a déclenché une contre l’Iran. Il avait annoncé une victoire rapide. Il a dû négocier. Il avait célébré la paix. Il a repris les frappes. Il dénonçait l’idée d’un péage iranien dans le détroit. Il veut désormais installer le sien.

La ligne politique américaine peut donc être résumée simplement : ce qui est illégal lorsque l’Iran le fait devient juste, nécessaire et équitable lorsque Donald Trump décide de le faire lui-même.

Le monde ne regarde plus Washington avec confiance. Il observe un président qui modifie sa stratégie au gré de ses messages, tout en faisant supporter aux autres pays le prix de ses contradictions.

La puissance américaine devait sécuriser les échanges mondiaux. Elle menace maintenant de taxer leur passage. Elle devait stabiliser le Moyen-Orient. Elle ajoute une nouvelle source de conflit. Elle devait défendre la liberté de navigation. Elle veut ouvrir une caisse au milieu du détroit.

L’empire ne contrôle plus vraiment le scénario. Mais il tient encore à vendre les billets.



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