Géopolitique

Ormuz, péage iranien : Washington a perdu la bataille du détroit en deux jours

Donald Trump a annoncé, ce mercredi 6 mai 2026, la suspension temporaire du « Project Freedom », une opération militaire lancée à peine 48 heures plus tôt. Officiellement, cette pause devait permettre d’évaluer la possibilité d’un accord avec l’Iran. Officieusement, elle sonne comme un aveu d’impuissance. L’objectif affiché ? Escorter des navires commerciaux à travers le détroit d’Ormuz, sous blocus iranien depuis des semaines. Résultat : une retraite précipitée, justifiée par de prétendus « progrès considérables » dans les négociations et une demande du Pakistan.

mise à jour le 07/05/26

Le blocus iranien tient toujours, les navires attendent, et l’Amérique recule : bienvenue dans le nouveau désordre mondial.

Marco Rubio, secrétaire d’État, a même osé prétendre que les objectifs initiaux étaient déjà atteints. Une affirmation pour le moins surprenante, quand on sait que l’opération venait à peine de commencer.

Des coïncidences troublantes

Plusieurs événements récents éclairent ce revirement. D’abord, la disparition mystérieuse d’un ravitailleur américain, un Boeing KC-135, au-dessus du golfe Persique. L’appareil, parti de la base d’Al Dhafra, a émis un signal de détresse avant de s’évanouir des radars. Aucune explication officielle. Certains murmurent une intervention iranienne, mais le Pentagone garde un silence de plomb.

Ensuite, les Émirats arabes unis ont subi, les 4 et 5 mai, une série de frappes non revendiquées : missiles balistiques, missiles de croisière, drones. Les défenses aériennes locales ont intercepté une partie des projectiles, mais un incendie a ravagé la zone pétrolière de Fujairah, blessant plusieurs personnes, dont des Indiens. Téhéran, bien sûr, nie toute responsabilité.

Enfin, Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, était reçu à Pékin par Wang Yi pour discuter de la réouverture du détroit. La Chine, toujours plus critique envers Washington, a réaffirmé son soutien à un plan de paix en quatre points, tout en appelant à la désescalade.



Un échec stratégique

Le « Project Freedom » s’inscrivait dans un contexte de tensions extrêmes entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Depuis fin février, le détroit d’Ormuz est verrouillé par Téhéran en représailles aux frappes américano-israéliennes sur son territoire. Même les navires sous escorte américaine, comme le cargo français (sous pavillon maltais et dont l’équipage ne comprend aucun français) CMA CGM San Antonio, ont été ciblés.

La suspension de l’opération, alors que la Maison-Blanche clamait ses « succès militaires », révèle une réalité crue : Washington, malgré sa puissance, est incapable d’imposer sa volonté. Entre médiation pakistanaise et pression militaire, les États-Unis multiplient les revirements, minant un peu plus leur crédibilité. Pendant ce temps, le détroit reste fermé, les prix du pétrole s’emballent, et les négociations avec l’Iran s’enlisent dans l’incertitude.

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