Lyhanna, 11 ans, effacée du paysage
Le 29 mai 2026, Lyhanna disparaissait à la sortie de son collège de Fleurance, dans le Gers. Quelques jours plus tard, son corps était découvert. Elle avait été violée, puis assassinée. Jérôme Barella, 41 ans, père d’une amie de la victime, a été mis en examen le 1er juin pour enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans. L’enquête se poursuit pour les viols et le meurtre. Rien d’exceptionnel, hélas, dans les annales criminelles françaises.
On découvre dans le pré rapport du drame de Lyhanna, que la petite Rosa, 10 ans aurait été violée une cinquantaine de fois par le monstre Jérome Barella 😡.
Malgré les constatations médicales sans équivoques et l’attestation d’une psychologue, J Barella n’avait toujours pas été… pic.twitter.com/chla5CI2pH— 🇫🇷 fred le gaulois 🇫🇷 Uniondesdroites 🐱🐱 (@FredGaulois) June 22, 2026
Rosa, la plaintive qui n’a pas fait bouger les lignes
Sauf que, neuf mois plus tôt, en août 2025, une autre fillette, Rosa – 10 ou 11 ans selon les sources – avait déjà désigné le même homme. Sa mère, Audrey, l’avait conduite à l’hôpital Purpan de Toulouse le 18 août, après les confidences de l’enfant. L’établissement alerte la police. Plainte déposée le 22 août à la brigade de Plaisance-du-Touch pour viols sur mineure de moins de 15 ans, commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile de Barella. Rosa détaille une cinquantaine de viols. Une cinquantaine. Le chiffre donne le tournis, mais pas au parquet.
Un début prometteur, une suite en eau trouble
Les premières réactions, il faut le reconnaître, ne manquent pas de célérité : audition protégée de l’enfant, examen médico-légal, expertise psychologique. Le parquet de Toulouse et les gendarmes de Haute-Garonne jouent le jeu. Puis le dossier est transmis au parquet d’Auch, compétent géographiquement. Et là, le vide. Le trou noir.
Auch, ou l’art de ranger les viols au rayon des imprimés
Selon le pré-rapport, une fois arrivée à Auch le 10 novembre 2025, la plainte n’a pas été jugée « prioritaire ». Traduction : enregistrement tardif au bureau d’ordre pénal (le 2 décembre, au lieu d’une prise en charge immédiate), erreur d’aiguillage vers un service incompétent, absence de mention d’urgence, oubli d’inscription dans les outils de suivi des affaires sensibles, et, cerise sur le gâteau, un suivi quasi inexistant par le magistrat chargé des mineurs.
Huit appels, zéro effet
Audrey, la mère de Rosa, a composé huit fois le numéro de la compagnie de gendarmerie de Condom et de la brigade de Fleurance. Réponses : presque aucune. Actes concrets : néant. Pas de garde à vue de Barella, pas d’audition du suspect. Des « actes minimalistes », concède pudiquement le rapport. Pendant ce temps, les circulaires sur la priorisation des violences sexuelles sur mineurs s’empilaient dans les classeurs, les réunions se multipliaient, les mémentos rappelaient l’urgence… Mais les gamines, elles, restaient en plan.
Neuf mois plus tard, Lyhanna est morte
Le rapport parle sobrement de « cumul de pertes de temps » et d’« absence de suivi ». Il pointe des « carences graves » dans le traitement et le contrôle au sein de la gendarmerie de Condom. Il note aussi que le risque de réitération par le mis en cause – pourtant évident – n’a jamais été pris en compte. Barella, entre-temps, a eu tout le loisir de passer à l’acte une nouvelle fois.
Audrey ne dépose pas plainte, elle déclare la guerre
La mère de Rosa a annoncé son intention de porter plainte contre l’État pour faute lourde. Elle n’est pas seule à réclamer des têtes. Mais ce n’est pas un « dysfonctionnement isolé », comme on dit dans le jargon. C’est le énième exemple d’un appareil judiciaire qui, face aux pédocriminels, oppose une force d’inertie aussi puissante que méthodique. Barella avait déjà été signalé. D’autres plaintes émergent aujourd’hui. Mais tant que les priorités resteront inversées – préserver l’institution plutôt que les enfants –, d’autres Lyhanna et d’autres Rosa paieront le prix de cette impunité de fait.
La justice n’a pas raté, elle a choisi
Non, la justice n’a pas « raté » cette affaire. Elle l’a laissée advenir, tranquillement, bureaucratiquement. Et le pré-rapport, aussi accablant soit-il, ne changera rien tant que les mêmes logiques gestionnaires et les mêmes antiennes – « charge de travail », « erreur d’orientation », « case urgence non cochée » – continueront de primer sur la protection des mineurs.
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