Ces signalements n’ont été découverts qu’après le déclenchement de l’affaire, lors de recherches approfondies dans les bases de données policières.
Un crime évitable ?
Lyhanna, 11 ans, a disparu le 29 mai 2026 à Fleurance, dans le Gers. Elle a été vue pour la dernière fois montant dans la voiture de Jérôme Barella, 41 ans. Son corps a été retrouvé le 4 juin 2026 dans un silo à grains abandonné à Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de son domicile. L’autopsie a confirmé le pire. Jérôme Barella a été interpellé, placé en garde à vue, puis mis en examen pour « enlèvement, séquestration et meurtre d’un mineur de moins de 15 ans ». Il croupit désormais en détention provisoire à la maison d’arrêt de Mont-de-Marsan.
Les obsèques de Lyhanna sont prévues ce vendredi 12 juin 2026.
Un prédateur récurrent, une justice aveugle
Avant même l’affaire Lyhanna, Jérôme Barella était déjà un habitué des tribunaux. Au moins quatre plaintes pour viol ou agression sexuelle sur mineurs pesaient contre lui, certaines classées sans suite ou abandonnées faute de preuves ou d’audition. D’autres ont été déposées après la médiatisation de l’affaire.
Aujourd’hui, neuf procédures distinctes le visent, incluant de nouvelles plaintes et un signalement de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Jérôme Barella avait par ailleurs été licencié d’un poste d’agent d’entretien dans un établissement scolaire pour comportement inapproprié envers une lycéenne.
Une famille de prédateurs ?
L’enquête s’étend désormais à l’entourage de Jérôme Barella. Son frère, Yannick Barella, a été mis en examen pour viols sur deux ex-compagnes, dont une mineure au moment des faits.
Quant à leur père, Joël Barella, une plainte pour viol et agressions sexuelles sur une mineure avait été déposée en 2013. Après une information judiciaire ouverte en 2015, une ordonnance de non-lieu avait été rendue en 2021. Le parquet de Béziers a annoncé, le 10 juin 2026, la réouverture de l’enquête pour des vérifications complémentaires, « à l’aune des derniers événements ».
Des signalements pédocriminels en surcharge
La révélation des alertes du NCMEC relance les interrogations sur le traitement des signalements de pédocriminalité en France. Cet organisme centralise les signalements des plateformes numériques (Google, Meta, Snapchat, TikTok…) et les transmet aux polices nationales. La France en reçoit des milliers chaque année.
Pourtant, l’Ofmin, créé en 2023 et chargé de la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs, manque cruellement de moyens : 40 enquêteurs actifs au lieu des 85 prévus. Les autorités invoquent la surcharge et la nécessité de prioriser.
Une enquête de l’Inspection générale de la justice est en cours pour identifier d’éventuels dysfonctionnements dans le traitement des procédures antérieures impliquant Jérôme Barella. Jusqu’au rendu du rapport, la Justice est présumée innocente.
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