Depuis plus de vingt ans, il cumule livres, conférences, chroniques grand public. Sur France Culture, il est producteur de l’émission Science en questions. Qui ne le connaît pas ? Son sérieux est garanti par un diplôme d’ingénieur en physique de la matière, par un DEA en physique théorique,et un doctorat en philosophie des sciences à Paris-Diderot (1999). Tout ces diplômes lui ont fait bénéficier d’une reconnaissance officielle quoique fluctuante : président du conseil d’administration de l’Institut des hautes études pour la science, membre du Conseil scientifique de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, membre d’une pléthore de jurys, de comités de rédaction, de conseil d’administration. Le Commissariat à l’Energie Atomique l’a même adoubé directeur de recherche du laboratoire sur les sciences de la matière, alors que, ne faisant pas de recherche, il n’a jamais rien trouvé.
Des plagiats démasqués
Dès 2016, une enquête de L’Express avait révélé des emprunts massifs dans ses écrits. Ainsi Le Pays qu’habitait Albert Einstein (Flammarion, 2016), salué comme un ouvrage accessible sur la pensée d’Einstein, s’avérait n’être qu’un assemblage de citations d’auteurs comme Aragon, Bachelard et Valéry.
Certaines de ses chroniques pour La Croix, notamment celle sur la trajectoire d’un ballon de football, étaient reprises quasi intégralement de travaux de Gilles Cohen-Tannoudji et Michel Spiro.
Il n’avait plaidé coupable que pour quelques emprunts.
En 2024, Arrêt sur images avait repéré 20 % de plagiats dans sa thèse de 1999, l’Unité de la physique aux Presses universitaires de France.
Une enquête de l’Université Paris Cité a fini par conclure que les deux tiers de son doctorat en philosophie des sciences étaient des plagiats (disons des emprunts non crédités). Son doctorat lui a été retiré et sa réinscription en doctorat interdite.
De la vulgarisation à la propagande
Après avoir présenté sur Twitter une photo de Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du Soleil, Étienne Klein a rapidement mis les choses au clair : il ne s’agissait que d’une simple tranche de chorizo sur fond noir. Une façon de nous mettre en garde contre les arguments d’autorité des experts. Une blague, certes, mais aussi un principe qui peut facilement se retourner contre lui.
Lorsqu’il cite la loi de Murphy « la tartine beurrée qu’on laisse échapper de ses mains tombera immanquablement du côté beurré, surtout si on l’a beurrée du mauvais côté », on l’aime bien, mais beaucoup moins lorsqu’il affirme : « Le vaccin à ARN messager est une invention tout à fait géniale. » Ou lorsqu’il déclare : « Il est gagnable ce combat contre les fake news, le conspirationnisme sur les réseaux notamment sur les questions climatiques », car là, le message est clair.
Et quand, chagriné, il lance : « Quand la liberté est mise très au-dessus de la vérité, comment est-ce qu’on fait pour avoir des projets politiques à long terme ? » on comprend bien qu’il fait de la politique et qu’il veut nous bâillonner pour notre plus grand bien.
Ce sympathique invité des médias n’est pas un simple vulgarisateur, mais un marchand de prêt-à-penser droit. Malgré le sourire en direction de la caméra, le saupoudrage de concepts scientifiques ne peut faire oublier l’escroquerie de sa pensée qui se répand comme de la poudre de perlimpinpin dans les médias. Va-t-il continuer malgré la mise au grand jour de ses plagiats ? Même ses soutiens de longue date comme La Tronche en biais s’inquiètent.
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