À l’autre bout du tableau, l’Islande reste première pour la dix-neuvième année consécutive. Elle devance la Nouvelle-Zélande, la Suisse, la Slovénie et l’Irlande. La France, elle, explore des territoires moins fréquentés par ses voisins d’Europe occidentale.
Précision nécessaire : le Global Peace Index ne mesure pas uniquement le risque de se faire agresser en rentrant chez soi. Établi par l’Institute for Economics & Peace, il repose sur 23 indicateurs regroupés en trois domaines : la sûreté de la société, les conflits intérieurs ou extérieurs et la militarisation.
Une armée importante, des engagements militaires ou une participation à des conflits peuvent donc faire reculer un pays. Mais il serait tout aussi trompeur d’attribuer la position française aux seuls chars et avions de combat. Les tensions sociales, les manifestations violentes, la criminalité perçue, les homicides et les violences figurent également dans la note.
La délinquance française refuse de respecter les éléments de langage
Le bilan consolidé de la délinquance enregistrée en 2025, publié par le ministère de l’Intérieur, ne vient pas franchement sauver le tableau.
Les violences physiques ont progressé de 5 % en un an, aussi bien dans le cadre familial qu’en dehors. Les violences sexuelles enregistrées ont augmenté de 8 %, avec une hausse de 9 % pour les viols et tentatives de viol. Les tentatives d’homicide ont encore gagné 5 %, tandis que 982 victimes d’homicide ont été recensées sur l’année.
Quelques indicateurs diminuent toutefois. Les cambriolages de logements reculent de 3 %, les vols de véhicules de 9 % et les vols avec armes de 7 %. Le bilan n’est donc pas uniformément catastrophique, malgré les efforts constants des chaînes d’information pour remplir leurs soirées.
Le ministère indique également que les étrangers représentent 9 % des résidents, mais une proportion plus élevée des personnes mises en cause pour certaines atteintes aux biens : 37 % pour les vols dans les véhicules, 36 % pour les cambriolages et 33 % pour les vols violents sans arme. Être « mis en cause » ne signifie évidemment pas être condamné, et ces données brutes ne tiennent pas compte de tous les facteurs sociaux, démographiques ou territoriaux.
La France qui protège, mais surtout dans les discours
Depuis 2017, la macronie alterne opérations de communication, lois sécuritaires, déclarations martiales et promesses de rétablissement de l’autorité. Le résultat tient désormais en un nombre : 99.
Ce classement ne signifie pas que la France serait devenue moins sûre que chaque pays placé devant elle. Il montre en revanche qu’une puissance européenne, dotée de moyens considérables et dirigée depuis neuf ans par le même camp politique, accumule assez de tensions, de violences et d’engagements militaires pour rejoindre le milieu du tableau mondial.
Emmanuel Macron voulait simultanément la modernité, l’ordre et le rayonnement international. Il laissera peut-être une France située entre la Tanzanie et le Gabon dans un classement mondial de la paix. Le « en même temps » fonctionne finalement très bien : les promesses restent tout en haut, les résultats descendent.
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