Dans un entretien accordé à news.com.au, Verena Brunschweiger ne tourne pas autour du pot. Son slogan préféré tient en une phrase : “My bloodline ends with me”, autrement dit : “Ma lignée s’arrête avec moi”. Elle présente ce choix comme “responsable”. Jusqu’ici, chacun fait ce qu’il veut de sa vie privée. Le sujet devient plus piquant quand cette décision personnelle se transforme en consigne morale pour les autres.
Car Verena Brunschweiger ne défend pas seulement l’idée de ne pas avoir d’enfants. Elle cible d’abord les sociétés occidentales. Interrogée sur la question raciale, elle répond que son discours vise bien les Blancs. Le berceau devient alors un petit tribunal idéologique : avant même d’avoir crié, le bébé occidental aurait déjà trop consommé, trop pollué, trop hérité.
« Les Blancs ont un devoir moral d’arrêter d’avoir des enfants et de laisser entrer plus de réfugiés […] Mon objectif est de réduire notre nombre ».
Voilà ce qu’affirme sans complexe la militante féministe Verena Brunschweiger.
Pendant des décennies, ceux qui alertaient sur le… pic.twitter.com/s6GyiU6wbH
— François Bousquet (@Bousquet_FR) June 29, 2026
Le raisonnement est aussi simple qu’un slogan de manifestation : les pays riches auraient abîmé la planète, donc leurs habitants devraient cesser de se reproduire et accueillir davantage de réfugiés. Selon elle, puisque “nous avons ruiné le monde”, il faudrait prendre “tous les immigrés et réfugiés”. L’Occident coupable doit donc disparaître doucement, mais avec le sourire, pendant qu’on lui explique que c’est de la générosité.
Dans son viseur, on trouve aussi Elon Musk, devenu l’un des porte-voix du discours pronataliste. Brunschweiger l’accuse de vouloir davantage d’enfants pour obtenir de futurs travailleurs et de futurs consommateurs. Elle y voit une défense déguisée de la “suprématie blanche”. Le soupçon est pratique : si vous parlez natalité, vous êtes réactionnaire ; si vous parlez famille, vous préparez probablement le Troisième Reich avec une poussette.
Cette militante n’en est pas à son coup d’essai. En 2019, son livre Kinderfrei statt kinderlos (“Sans enfant par choix plutôt que sans enfant malgré soi”) l’avait déjà installée dans le paysage allemand de l’antinatalisme climatique. Elle avait même défendu l’idée d’une prime de 50 000 euros pour les femmes sans enfant à 50 ans. Une sorte de médaille du mérite pour service rendu à l’effacement démographique.
Le discours se veut féministe. Avoir un enfant serait “égoïste”, “narcissique”, une manière de fabriquer des “mini-moi”. Ne pas en avoir deviendrait une libération : plus de temps, plus de confort, moins de contraintes, et surtout la satisfaction de ne pas offrir un nouveau passager à une planète décrite comme épuisée. Le tout emballé dans une morale impeccable, celle qui permet de juger les familles sans jamais avoir l’air de les mépriser.
Le plus savoureux reste cette obsession sélective. La démographie devient un problème quand elle concerne les Occidentaux ; elle devient une dette quand il s’agit d’ouvrir les frontières. La naissance ici serait une faute, l’arrivée d’ailleurs une réparation. Il fallait oser présenter cela comme une pensée humaniste.
Verena Brunschweiger a donc trouvé la formule magique de l’époque : culpabiliser les vivants, décourager les naissances, moraliser les frontières et appeler cela le progrès. Sa lignée s’arrête avec elle, c’est son choix. Mais lorsqu’elle transforme son choix intime en programme pour les autres, la liberté ressemble soudain à une consigne.
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