Géopolitique

Jiang Xueqin : L’oracle de l’apocalypse géopolitique affirme que la Troisième Guerre mondiale est imminente à 90 % de certitude

Jiang Xueqin, éducateur sino-canadien et animateur de la chaîne Predictive History, s’est imposé comme une voix incontournable des débats géopolitiques. Ancien étudiant en littérature anglaise à Yale, il enseigne aujourd’hui l’histoire et la philosophie dans un lycée de Pékin. Mais c’est surtout par son approche de la « predictive history » – mélange d’histoire, de géographie, d’économie et de théorie des jeux – qu’il a captivé un public grandissant. Ses analyses, souvent qualifiées de spéculatives, gagnent en crédibilité à mesure que ses prédictions se réalisent.

mise à jour le 09/05/26

Jiang Xueqin l’avait prédit : Trump réélu, l’Iran bombardé, et le monde au bord du gouffre.

2024 : l’année des prophéties accomplies

En mai 2024, lors d’une conférence en ligne, Jiang Xueqin avait osé trois prédictions audacieuses :
. Donald Trump remporterait l’élection présidentielle américaine de novembre 2024.
. Sous sa présidence, les États-Unis entreraient en guerre contre l’Iran.
. Et surtout, Washington perdrait ce conflit, bouleversant l’ordre mondial.

Les deux premières se sont concrétisées avec une précision troublante. Donald Trump a bien été réélu. Et fin février 2026, les frappes massives américano-israéliennes sur l’Iran, l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, ainsi que le blocus naval du détroit d’Ormuz ont marqué le début d’un conflit aux conséquences imprévisibles.

« Cette guerre ne peut rester régionale »

Aujourd’hui, face à l’escalade, Jiang Xueqin ne mâche pas ses mots : « Cette guerre, une fois commencée, ne peut mener qu’à la Troisième Guerre mondiale. » Il évalue la probabilité d’un embrasement planétaire à « entre 80 et 90 % », soit « quasi une certitude ». Pour lui, les dés sont déjà jetés.

Le jeu d’échecs des puissances : une métaphore implacable

Pour expliquer cette escalade inévitable, Jiang utilise une métaphore échiquéenne où chaque pièce symbolise un aspect des stratégies des grandes puissances.
. Le roi incarne le système politique : pour les États-Unis, une démocratie polarisée, minée par des divisions internes qui pourraient dégénérer en guerre civile larvée.
. La reine représente la grande stratégie : pour Washington, il s’agit de la « forteresse Amérique », combinée à une politique de chaos mondialisé, conçue pour écouler armes et ressources tout en défendant le système du pétrodollar.
. La tour, enfin, matérialise les vecteurs d’attaque concrets, comme la suprématie aérienne.

Il applique cette grille à la Russie (et sa quête de la « Troisième Rome »), à l’Iran (une théocratie mosaïque préparée depuis vingt ans à une guerre d’attrition), à Israël et à la Chine. Chacun de ces acteurs poursuit une « grande stratégie » vitale, fondamentalement incompatible avec toute désescalade.

Les points de non-retour

Le conflit actuel active simultanément plusieurs leviers structurels irréversibles.
. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % du pétrole mondial, est devenu un goulet d’étranglement critique. Son contrôle par l’Iran menacerait directement les approvisionnements énergétiques de la Chine (50 à 60 % de ses besoins moyen-orientaux), de l’Europe, du Japon et de l’Inde.
. Les intérêts russes (un flanc sud exposé en cas de défaite iranienne) et chinois (menaces sur leurs routes commerciales et leur sécurité énergétique) rendent toute issue locale illusoire.
. Enfin, la bataille du pétrodollar : selon Jiang Xueqin, les États-Unis ont besoin de ce conflit pour contrer la dé-dollarisation impulsée par la Russie, la Chine et l’Iran, via les BRICS et des systèmes alternatifs (or, chemins de fer eurasiatiques).

Une guerre hybride et sans issue

Jiang décrit un conflit d’attrition multiforme – missiles, proxys, blocus naval, cyber-opérations – où chaque riposte renforce les incitations à l’escalade. Aucun acteur ne peut capituler sans sacrifier sa survie stratégique. Les précédents historiques de 1914 et 1939 illustrent, selon lui, comment des crises localisées dégénèrent lorsque alliances, chokepoints économiques et idéologies s’alignent.
« Nous sommes déjà en Troisième Guerre mondiale », martèle-t-il, sous une forme distribuée et hybride. Il ne s’agit pas d’une fatalité mécanique, mais d’une trajectoire dictée par des incitations structurelles bien plus puissantes que la volonté des dirigeants.

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