Géopolitique

The Bibi Files : Tucker Carlson révèle que Netanyahou a financé le Hamas via le Qatar pendant des années

Pendant des années, le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou n’a pas seulement fermé les yeux sur les transferts massifs de fonds qataris vers Gaza. Il en a été le complice actif, voire l’architecte. Une réalité longtemps murmurée dans les couloirs du Mossad et des chancelleries, aujourd’hui exposée au grand jour par The Bibi Files, le documentaire choc de Tucker Carlson. À travers des heures d’interrogatoires de police fuités et des témoignages accablants d’anciens hauts responsables, le film révèle une stratégie assumée : acheter une paix illusoire en armant son ennemi de demain.

mise à jour le 28/03/26

Financer son ennemi pour mieux le contrôler : la stratégie risquée de Netanyahou, ou l’art de jouer avec le feu.

Des valises de dollars et des promesses en l’air

Dès 2018, et jusqu’à la veille des attaques du 7 octobre 2023, le Qatar a versé entre 15 et 35 millions de dollars par mois à Gaza. Pas en virements bancaires, non. En liasses de billets, transportées dans des valises, acheminées via le point de passage de Rafah… sous escorte israélienne. Des agents du Shin Bet accompagnaient même les émissaires qataris jusqu’aux bureaux du Hamas. Officiellement, ces fonds devaient éviter l’effondrement humanitaire de l’enclave et payer les salaires des fonctionnaires. En réalité, ils servaient aussi à financer les armes qui, un jour, se retourneraient contre Israël.

Des enquêtes du New York Times et de CNN l’ont confirmé : une partie de cet argent a bel et bien été détournée vers la branche militaire du Hamas. Pourtant, les avertissements des services de renseignement israéliens, répétés année après année, sont restés lettre morte. Netanyahou avait une autre priorité : affaiblir l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, dirigée par le Fatah, pour empêcher toute velléité d’État palestinien unifié. « Qui veut un État palestinien ? Nous voulons un Hamas fort à Gaza et un Fatah faible en Cisjordanie », résumait en 2019 un haut responsable israélien. Le Premier ministre lui-même assumait cette ligne, présentant l’argent qatari comme un outil de « gestion des tensions ».


Netanyahou, pyromane en costume : « Je maîtrise la hauteur des flammes »

Les documents et témoignages compilés dans The Bibi Files révèlent l’étendue du contrôle personnel de Netanyahou sur ce dossier explosif. Lors de réunions sécuritaires, il aurait utilisé une métaphore glaçante pour décrire sa stratégie : « Je règle la hauteur des flammes. » Autrement dit, Israël dosait savamment son soutien au Hamas pour éviter une explosion immédiate… tout en préparant le terrain pour une guerre future.

Pire : un mois avant le 7 octobre 2023, alors que les services de renseignement sonnaient l’alarme, Israël demandait au Qatar d’augmenter ses versements à Gaza. Résultat ? Plus d’un milliard de dollars transités entre 2018 et 2023, une branche militaire du Hamas dopée aux stéroïdes financiers, et une attaque d’une violence inouïe. « Nous savions que cet argent servait aussi à acheter des armes, mais la priorité était d’éviter un effondrement humanitaire », se justifie aujourd’hui un ancien conseiller de Netanyahou. Une justification bien commode, quand on sait que le Hamas n’a jamais manqué de parrains – Iran, contrebande, trafics en tous genres.



La Realpolitik, ou l’art de se brûler les ailes

Cette affaire n’est pas une théorie du complot. Elle est documentée par des rapports officiels, des fuites dans Haaretz et le Times of Israel, et des déclarations d’anciens ministres. Pourtant, en Israël, The Bibi Files reste interdit au nom de la « protection de la vie privée » – un comble, pour un documentaire qui expose une politique d’État.

Aujourd’hui, la question est simple : cette stratégie a-t-elle accéléré la montée en puissance du Hamas, ou simplement reporté l’inévitable ? Pour les détracteurs de Netanyahou, la réponse est claire : en finançant son ennemi, Israël a créé le monstre qu’il prétend combattre. Ses défenseurs, eux, invoquent le « pragmatisme » : « Le Hamas aurait trouvé d’autres sources de financement. Au moins, là, nous contrôlions le flux. » Un argument qui sonne creux, quand on mesure l’ampleur des dégâts.

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