Géopolitique

La station d’écoute de la NSA et de la CIA sur le toit de l’ambassade américaine à Paris : Un « secret » de Polichinelle

À deux pas de l’Élysée, de l’Assemblée nationale et des ministères, le toit de l’ambassade des États-Unis abrite, depuis plus de vingt ans, une station d’écoute ultra-sophistiquée. Camouflée sous une bâche imitant les fenêtres haussmanniennes, cette installation est l’une des nombreuses bases du Special Collection Service (SCS), une unité conjointe de la CIA et de la NSA. Son objectif ? Intercepter communications téléphoniques, données internet et signaux radio dans un rayon de plusieurs centaines de mètres.

mise à jour le 25/03/26

Depuis deux décennies, les États-Unis espionnent la France depuis le toit de leur ambassade… et personne ne semble s’en soucier.

L’information n’a rien de nouveau. Dès 2013, des blogueurs spécialisés en renseignement en parlaient. En 2015, les révélations de WikiLeaks et d’Edward Snowden l’ont confirmée : les États-Unis espionnaient les présidents français depuis Paris. Pourtant, en ce mois de mars 2026, l’ancien officier de la DGSE Olivier Mas rappelle une évidence : le dispositif est toujours là.

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Une installation discrète… mais visible depuis la place de la Concorde

Les travaux remontent à 2004-2005. Les Américains y ont construit une structure légère, recouverte d’une bâche peinte imitant la façade haussmannienne du bâtiment. L’objectif ? Laisser passer les ondes électromagnétiques tout en restant invisible. Pourtant, depuis la place de la Concorde ou les quais de Seine, on distingue clairement cette « boîte » rectangulaire sur le dernier étage.

Le SCS, surnommé la « force Mission Impossible » du renseignement américain, opère dans une centaine d’ambassades et consulats à travers le monde, dans le cadre du programme Stateroom. À Paris, l’emplacement est idéal : l’Élysée, Matignon, le Quai d’Orsay et les ambassades voisines sont à portée d’écoute.

2015 : le scandale des « FranceLeaks » et l’indifférence française

Les documents Snowden ont révélé que les États-Unis avaient espionné trois présidents français – Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande – entre 2006 et 2012. Une note interne de la NSA, interceptée par WikiLeaks, confirmait que l’ambassade parisienne servait de base pour ces écoutes.

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La réaction française ? Mesurée, pour ne pas dire inexistante. Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, a demandé en coulisses le démantèlement du dispositif. Sans succès. Un conseil de défense a bien été réuni à l’Élysée, mais aucune mesure concrète n’a été prise. Comme l’écrivait L’Express en janvier 2026 : « La France savait… et a laissé faire. » Après tout, Paris n’est pas en reste en matière d’espionnage économique et diplomatique.



Un jeu d’espions entre « alliés »

Ce type d’installation n’est pas une exclusivité américaine. La Russie, la Chine et d’autres puissances ont leurs propres postes d’écoute dans leurs ambassades parisiennes. C’est le jeu classique du renseignement : on s’espionne en coulisses, on se serre la main en public.

Aujourd’hui, rien n’indique que la station ait été démantelée. Elle fonctionne probablement toujours, discrètement, comme des dizaines d’autres dans le monde. Olivier Mas, fort de son expérience à la DGSE, ne révèle rien de classifié. Il rappelle simplement un fait public, documenté, et connu des services français depuis des années.

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La realpolitik de l’espionnage

Oui, les « grandes oreilles » américaines sont toujours perchées sur le toit de l’ambassade, place de la Concorde. Ce n’est pas une conspiration, c’est de la realpolitik. Tant que les relations franco-américaines resteront « amicales », ce genre d’arrangement perdurera. Après tout, comme le dit l’adage : « Il n’y a pas d’amis en renseignement, seulement des intérêts. »

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