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ALERTE : Le Pentagone lâche Trump et craint d’épuiser ses stocks anti-missiles

À huis clos au Congrès, des responsables américains reconnaissent qu’ils n’avaient aucun élément montrant une attaque iranienne en préparation. Sur le terrain, des soldats américains meurent déjà, et le Pentagone craint une escalade longue avec des stocks d’intercepteurs qui fondent.

mise à jour le 03/03/26

3 soldats US tués. Guerre qui peut durer. Et la justification qui se fissure. Combo dangereux.

WASHINGTON — La mécanique de la guerre s’emballe, mais la bataille du récit, elle, vacille déjà. Lors de briefings confidentiels organisés dimanche au Capitole, des responsables de l’administration Trump ont expliqué à des équipes parlementaires que les services américains ne disposaient d’aucun élément indiquant que l’Iran préparait une attaque initiale contre les forces américaines. (Associated Press)

Une précision lourde de conséquences politiques, car elle contredit — ou, à minima, affaiblit — l’un des arguments entendus publiquement depuis le lancement de l’opération : l’idée que Washington aurait agi pour empêcher une frappe iranienne imminente.

Une campagne militaire “sans précédent” depuis des décennies

Les États-Unis, sous la pression israélienne, ont déclenché samedi une offensive présentée comme la plus ambitieuse contre l’Iran depuis des décennies. D’après les informations rapportées par la presse américaine, plus de 1 000 cibles auraient déjà été frappées en moins de deux jours, dans le cadre de ce que le Washington Post décrit comme une campagne visant à démanteler une partie de l’appareil militaire iranien.

La Maison-Blanche martèle, elle, une triple finalité : empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, réduire ses capacités balistiques et neutraliser les menaces visant les États-Unis et leurs alliés. Dans le même temps, Donald Trump a encouragé les Iraniens à se soulever contre le pouvoir en place — une posture qui inquiète une partie des élus sur l’horizon réel de la guerre. (The Guardian)

90 minutes à huis clos : “menace régionale”, mais pas de preuve d’une attaque d’abord iranienne

Les briefings, qui ont duré plus d’une heure et demie, ont rassemblé des parlementaires démocrates et républicains. Selon des sources citées par l’Associated Press, l’exécutif a insisté sur la dangerosité des missiles balistiques iraniens et de réseaux armés alliés de Téhéran dans la région, tout en reconnaissant qu’aucune information n’étayait l’hypothèse d’une décision iranienne de frapper d’abord les Américains.

C’est précisément ce décalage — entre menace “générale” et danger “immédiat” — que l’opposition démocrate exploite déjà.

Dans les couloirs du Congrès, la critique monte : plusieurs élus accusent Donald Trump d’avoir engagé une “guerre de choix”, décidée plus que subie, et de s’être éloigné trop vite d’une voie diplomatique qui, selon certains médiateurs régionaux, restait ouverte.

À cela s’ajoute une autre ligne de fracture : la Maison-Blanche avance que l’Iran se rapprochait d’une capacité balistique permettant de menacer directement les États-Unis, sans qu’un corpus de preuves n’ait, à ce stade, été rendu accessible au public.

Premières pertes américaines : trois morts et plusieurs blessés

Alors que la justification est contestée, le conflit produit déjà un coût humain côté américain. Le CENTCOM a confirmé la mort de trois militaires et des blessés graves, dans un contexte de riposte iranienne, selon les éléments rapportés par la presse. Le Washington Post situe ces pertes au Koweït, dans ce qu’elle décrit comme une contre-attaque iranienne.

Au Pentagone, “intense et paranoïaque” : la peur d’un engrenage incontrôlable

C’est dans ce climat que surgit la formule qui circule désormais à Washington. Selon le Washington Post, des sources décrivent une ambiance “intense et paranoïaque” au sein du Pentagone, face au risque que la spirale des représailles s’étende à de multiples théâtres et à des cibles plus diverses.

Le point le plus sensible n’est pas seulement politique : il est logistique. Toujours selon le Washington Post, les responsables craignent que les États-Unis ne voient leurs stocks d’intercepteurs de défense aérienne fondre si les opérations durent “des semaines”. La défense anti-missiles est un puits sans fond : neutraliser une seule menace peut nécessiter plusieurs tirs, surtout contre des drones bas et lents, ce qui accélère l’épuisement des munitions : « un intercepteur très coûteux pour arrêter un drone pas cher. C’est une logique de coût asymétrique, l’attaquant te fait dépenser énormément. »

Si on prend un scénario typique où on tire 3 intercepteurs de gamme Patriot/SM-6 pour un drone entre 50 000 à 70 000 $ :

3 intercepteurs :

Patriot : 3 × 3,7 M$ ≈ 11,1 M$
SM-6 : 3 × 4,3 M$ ≈ 12,9 M$

Ratio : en gros 160 à 260 fois plus cher, et parfois davantage selon le missile utilisé.

Selon le lieutenant-colonel (à la retraite) de l’armée américaine Daniel Davis dans une interview accordée à la chaîne YouTube de Glenn Diesen :

« Si l’autre camp ne capitule pas, nous serons dans une situation très difficile. Et il semble que ce soit le cas, Washington ne dispose tout simplement pas des ressources nécessaires pour maintenir l’intensité des frappes suffisamment longtemps. Deux semaines tout au plus. Nous n’avons pas la capacité de prolonger cela très longtemps. […] Nous ne pouvons même pas arrêter les drones car nous manquons de systèmes de défense aérienne », a-t-il déclaré.

Escalade : Washington perd la main

En arrière-plan, certains responsables militaires auraient alerté sur la perspective d’un conflit plus long que prévu, coûteux en moyens et en munitions — une inquiétude cohérente avec les éléments rapportés sur l’état d’esprit “sous tension” au Pentagone. En effet, les planificateurs prévoient des stocks pour tenir une certaine durée, avec une certaine intensité. Si la guerre dure “des semaines” et que les attaques sont quotidiennes, la consommation dépasse vite le scénario “normal”.

En conclusion, alors que le président américain Donald Trump pensait pouvoir mener une opération éclair — comme au Venezuela contre Maduro, ou via des frappes ciblées en Iran en espérant garder une forme de contrôle et de coordination —, cette fois, le piège semble se refermer. Après la première vague de frappes israélo-américaines, un bombardement a touché une école de filles dans le sud de l’Iran, faisant un très lourd bilan parmi les enfants. Dans ce contexte, Téhéran durcit le ton, claque la porte aux négociations et accuse Trump d’être passé de « America First » à « Israel First ». Rien ne se déroule comme prévu, et l’escalade paraît difficile à éviter, d’autant que les élections américaines approchent.

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