Musique

De la pauvreté à Saint-Sulpice : L’incroyable destinée du chef d’orchestre Hugues Reiner, sauvé par la musique

Océanique, volcanique, angélique… Quiconque rencontre cet homme en est marqué une fois pour toutes. Issu d’une famille roumaine d’origine juive réfugiée en France en 1929 puis décimée par les déportations, fils d’une mère sociologue et fantasque et de l’écrivain Silvain Reiner qui, rescapé par miracle deviendra l’ami de Joseph Kessel et de Maurice Druon, Hugues Reiner vécut dans le Paris des années 60 et 70 une enfance sur laquelle planent les fréquentes dépressions de son père, les adversités, l’indigence quelquefois, l’inquiétude toujours.

mise à jour le 19/11/25

Déroutant et prodigieusement imaginatif, sa générosité constante force l’admiration.

Mais voici que, par la grâce d’une ami de collège dont la famille l’invite souvent à dîner, il découvre d’un coup les fulgurances des symphonies de Malher : sur cette jeune âme tourmentée, la musique tombe comme une sorte de rédemption définitive, un antidote universel aux misères du monde et de la vie. Aussitôt, il lui voue la sienne : il devient choriste, se fait protestant puis catholique, et bientôt, guidé par une énergie débordante, chef de chœur (très jeune), puis chef d’orchestre, compositeur saisi par la cause de la musique française, organisateur de concerts grandioses (il dit : cérémonies) qu’il situe au sommet du mont Blanc comme au milieu des tireurs isolés de Sarajevo, ou encore, de temps à autres, à l’église Saint-Sulpice, qu’il remplit périodiquement pour des communions mémorables.

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Un homme réellement indépendant qui sait faire partager sa joie de vivre par la musique au-delà des engagements partisans, sans nous imposer le terme de « résilience » inventé par un hôte de la Commission Attali, de l’Élysée et devenu un lieu commun sur tous les plateaux télé à propos des rescapés du génocide nazi.

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Dans Le survivant malgré lui, le père d’Hugues Reiner, Silvain, a raconté comment son mauvais caractère l’a fait échapper à la déportation qui a détruit sa famille. Un miracle que Maurice Rajsfus avait raconté dans Jeudi noir, La Rafle du 16 juillet 1942.

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