Mais voici que, par la grâce d’une ami de collège dont la famille l’invite souvent à dîner, il découvre d’un coup les fulgurances des symphonies de Malher : sur cette jeune âme tourmentée, la musique tombe comme une sorte de rédemption définitive, un antidote universel aux misères du monde et de la vie. Aussitôt, il lui voue la sienne : il devient choriste, se fait protestant puis catholique, et bientôt, guidé par une énergie débordante, chef de chœur (très jeune), puis chef d’orchestre, compositeur saisi par la cause de la musique française, organisateur de concerts grandioses (il dit : cérémonies) qu’il situe au sommet du mont Blanc comme au milieu des tireurs isolés de Sarajevo, ou encore, de temps à autres, à l’église Saint-Sulpice, qu’il remplit périodiquement pour des communions mémorables.
Un homme réellement indépendant qui sait faire partager sa joie de vivre par la musique au-delà des engagements partisans, sans nous imposer le terme de « résilience » inventé par un hôte de la Commission Attali, de l’Élysée et devenu un lieu commun sur tous les plateaux télé à propos des rescapés du génocide nazi.
Dans Le survivant malgré lui, le père d’Hugues Reiner, Silvain, a raconté comment son mauvais caractère l’a fait échapper à la déportation qui a détruit sa famille. Un miracle que Maurice Rajsfus avait raconté dans Jeudi noir, La Rafle du 16 juillet 1942.
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