Diplômé en sciences du sport, Fabrice Lorente a été recruté en 2003 comme maître de conférences en psycho-sociologie et épidémiologie. Depuis 2010 il a été secrétaire général de la fondation universitaire de Perpignan, dont un des mécènes est L’indépendant. On retrouvera ce groupe sur son parcours. En 2012, Fabrice Lorente devient le plus jeune président d’université de France. En 2014, François Hollande l’élève au grade de chevalier de l’ordre national du Mérite. La même année, il est reçu à l’Élysée.
Au bout de 5 ans de vice-présidence et 7 ans de présidence à l’université de Perpignan, outre les généreuses aides de l’État (11,3 M€ de recettes supplémentaires), son plus beau souvenir sera l’habilitation de la Commission des titres d’Ingénieur sur les énergies renouvelables, ce qui a permis le trafic de diplômes, malgré des « forces contraires » (traduisons malgré Jean-Louis Caccomo).
Le 1er octobre 2019, Fabrice Lorente démissionne de son poste de président de l’université de Perpignan pour devenir inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche (1re classe, 77 348 € par an). Une fois inspecteur, il a pu blanchir le Pr Gilles Freyer, vice-doyen de la faculté de médecine de Lyon Sud, de toute accusation de sexisme, de racisme et d’homophobie en amphi (avec pourtant enregistrements à l’appui). Gilles Freyer ne déclarait d’ailleurs pas ses conflits d’intérêts, fort nombreux et très lucratifs. Pour en avoir une idée, il suffit de consulter le site Transparence Santé. Gilles Freyer, qui niait le scandale du Mediator, s’en tirera avec une légère admonestation de la part de Fabrice Lorente.
Fabrice Lorente ne s’attarde pas à l’IGAENR. Le 1er février 2022, il part et devient directeur de la communication de La Frontera Production qui organise les festivals Les Déferlantes Sud de France (Le Barcarès), Bacchus (Argelès-sur-Mer), Pellicu-Live (Thuir) et Live au Campo (Perpignan). Une gestion calamiteuse marquée par l’échec du déménagement du festival à Perpignan.
À cela s’ajoute un rapport de la Chambre des comptes très critique quant au cumul des fonctions de Fabrice Lorente qui est à la fois directeur de la communication et secrétaire de l’association (page 22 du rapport). La chambre observe que deux salariés perçoivent des « heures mensuelles majorées » de façon récurrente (la directrice adjointe et — toujours lui — le directeur de la communication) ». Le plus haut salaire était de 9 719,27 € mensuels bruts en 2022 et le plus bas salaire de 3 237,50 €.
Autre critique de la Chambre de comptes : l’appel à des sous-traitants dans lesquels les dirigeants de l’association ont des intérêts. Exemple : le Bacchus Festival se déroulait dans le parc du château de Valmy. Or Fabrice Lorente a épousé le 27 août 2016 Anaïs, fille de Martine et Bernard Carbonell, propriétaires du Domaine Château de Valmy (Argelès-sur-Mer).
Autre exemple : l’appel aux prestations de Vine Aqui production dont le président est Fabrice Lorente (page 10 du rapport). Qu’à cela ne tienne, Vine Aqui change de nom et devient Fadas Event.
Début 2025, Fadas Event, la société de production des quatre festivals occitans, est achetée par le Groupe La Dépêche, dirigé par Jean-Nicolas Baylet. La Dépêche était un des mécènes de la fondation universitaire de l’UPVD dirigée par Fabrice Lorente. Ce dernier devient directeur général de Fadas Event et cède le poste de président à Jean-Nicolas Baylet. Le même conflit d’intérêts entre organisateurs et sous-traitants relevé par la Chambre des comptes pourra perdurer, mais… sous un autre nom de société.
Quant à Jean-Louis Caccomo, il a raconté son calvaire dans Le rescapé de l’âme, une descente aux enfers face à la dérive totalitaire de l’Université et de la santé mentale en France.
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