Police pour la vérité : « Nous sommes au service de la population, nous ne sommes pas les larbins de sociétés privées »

Communiqué, Portraits

mise à jour le 08/12/22

A travers la série « Collectifs en action », Le Média en 4-4-2 donne la parole à ceux qui se mobilisent et se battent sur le terrain pour la construction d’un monde nouveau. Chaque collectif a sa vision, ses idées et ses méthodes. Cette multitude de solutions proposées permet à chaque citoyen qui souhaite s’engager de trouver le chemin qui est le sien. Pour ce huitième épisode de la série, place à Police pour la vérité avec Philippe, administrateur de ce collectif.


Le Média en 4-4-2 : Bonjour Philippe, et merci d’avoir répondu à l’invitation du Média en 4-4-2. Pouvez-vous vous présenter en 4-4-2, c’est-à-dire de manière concise et efficace ?

Philippe (Police pour la vérité) : Bonjour, je suis policier fédéral, enquêteur financier auprès de ce qu’on appelait dans le temps la Police judiciaire. J’ai quarante ans de carrière. Tout au long de celle-ci j’ai connu le travail de « patrouilleur », les services d’ordre aussi bien du côté commandement que du côté exécutant, les services administratifs où je gérais des phénomènes criminels, et durant maintenant dix-sept ans du côté enquêteur en matières financières. Je suis le papa de deux grands enfants et depuis maintenant deux ans, je suis un des administrateurs de l’association Police pour la vérité.

« Les diverses mesures prises dans l’ensemble des pays européens étaient en contradiction avec les Droits de l’Homme »

Le Média en 4-4-2 : Quand et comment votre collectif est-il né ?

Philippe (Police pour la vérité) : L’association est née en 2020 avec notre présidente, Sonia Vescovacci, une policière espagnole qui a la double nationalité franco-espagnole. Elle avait créé avec quelques collègues une association espagnole « Policia Por la Libertad ». Ils avaient constaté que les diverses mesures prises dans l’ensemble des pays européens et, pour eux, plus particulièrement en Espagne, étaient en contradiction avec les Droits de l’Homme, divers traités internationaux, les Constitutions européenne et espagnole, ainsi que diverses lois. Ils se sont fait connaître notamment au travers des réseaux sociaux et c’est ainsi que j’ai fait connaissance avec Sonia, avec qui je partage les mêmes constatations et valeurs. Je l’ai contactée ainsi que divers collègues français. Nous faisions tous le même constat dans nos pays respectifs et, de fil en aiguille, l’association Police Pour La Vérité est née, rassemblant aujourd’hui policiers, gendarmes, pompiers et militaires. Police Pour La Vérité… un pléonasme, non ? (Rire.)

« Ils s’en prennent toujours aujourd’hui, à nos libertés, à nos droits, pire, à nos enfants ! »

Le Média en 4-4-2 : Quel est le constat ou l’évènement à l’origine de cette création ?

Philippe (Police pour la vérité) : Bien que le constat que je vous ai cité était déjà latent depuis de nombreuses années, ce sont les mesures liées au Covid qui ont déclenché, non plus une prise de conscience, mais une réaction. Ils s’en prenaient et s’en prennent toujours aujourd’hui, à nos libertés, à nos droits, pire, à nos enfants !

« Nous devons les amener à un retour vers la notion essentielle de « gardiens de la paix » et non plus celle de « force de l’ordre » »

Le Média en 4-4-2 : Quel est l’objectif de Police pour la vérité et comment vous organisez-vous ?

Philippe (Police pour la vérité) : Nous avons plusieurs objectifs mais ils tournent tous autour du rapprochement entre le citoyen et sa police. Cette relation a été mise à mal depuis de trop nombreuses années par nos dirigeants et les médias dits « mainstream ». Derrière l’uniforme, se trouve aussi un être humain, un papa, une maman, un frère, une sœur, un fils, une fille.
Pour y arriver nous pensons qu’il est essentiel d’éveiller et d’expliquer à nos collègues combien ils ont été, et sont, manipulés. Nous devons les amener à un retour vers la notion essentielle de « gardien de la Paix » et non plus celle de « force de l’ordre ». Cette dernière peut encore exister mais la notion essentielle est celle de gardien de la paix, protégeant et servant la population, le peuple, de manière réfléchie. Nous sommes au service de la population, nous ne sommes pas les larbins de sociétés privées qui ont des relations d’autorité malsaine avec nos gouvernements.
Nous sommes également à la disposition des collègues qui se sentent mal dans cette police, qui ne retrouvent plus les valeurs qui les motivaient à leur incorporation. Nous sommes là pour les écouter et les soutenir. Beaucoup trop de collègues tombent en burn out ou, pire, se suicident. C’est chaque fois un déchirement pour leurs familles, leurs collègues, leurs amis, pour nous.

Le Média en 4-4-2 : Pouvez-vous nous parler de vos actions concrètes sur le terrain en nous donnant des exemples ?

Philippe (Police pour la vérité) : Jusqu’à présent nous nous sommes centrés sur l’information, nous avons montré que nous sommes là, au service de la population et de nos collègues, au travers des réseaux sociaux et de participations à des conférences. Nous avons également publié plusieurs interviews et organisé plusieurs conférences via ces mêmes réseaux sociaux. Nous nous sommes maintenant lancés dans la grande aventure de l’organisation de manifestations. Cest ainsi que NOUS VOUS INVITONS TOUS A NOUS REJOINDRE A MARSEILLE le 10 décembre 2022 pour une manifestation que nous organisons avec d’autres associations dont « Place d’Arme » et« Le Syndicat des Gilets Jaunes » (si, si, belle symbolique, non ?).
Nous avons dans l’équipe de Police pour la vérité des policiers qui ont encadré des manifestations et qui savent de quoi ils parlent. Nous nous trouvons maintenant de l’autre côté, en tant qu’organisateurs. Cela nous permet de mieux prendre en compte les désirs et difficultés de chacun, organisateurs, manifestants et policiers. Nous sommes très attachés à la notion belge de « gestion négociée de l’espace public », apparue à la réforme des polices, où, basiquement, le manifestant n’est pas considéré comme un adversaire ou un ennemi, mais bien comme un partenaire. C’est dans cet esprit que nous espérons que se passera la manifestation du 10 décembre, et c’est ainsi que cela se passera, dans l’accueil et le dialogue. Nous voulons que ce soit une fête qui lance un mouvement de réconciliation entre les citoyens et LEUR police. Les événements violents de Paris et de Bruxelles (Boum 1, Boum 2, manifestation européenne de janvier 2022 notamment) nous posent énormément de questions. Nous étions sur place, notamment à Bruxelles, en tant que citoyens, mais avec une vision plus particulière, plus policière.

Le Média en 4-4-2 : Quelles sont les principales difficultés rencontrées au quotidien ?

Philippe (Police pour la vérité) : La principale difficulté réside dans le fait de la visibilité. Je m’explique. Nous ne pouvons nous faire connaître qu’au travers des réseaux sociaux et au travers de médias comme le vôtre. Nous vous remercions d’ailleurs. Les médias dits « mainstream » actuels ne sont pas demandeurs et sont opposés à nos valeurs, à nos idées. Nous devons malheureusement le constater. Par ailleurs, il faut savoir que les policiers, notamment en France, ont un devoir de réserve extrêmement sévère. Nos collègues ont dès lors très peur d’apparaître et de prendre la parole. Un très grand nombre d’entre eux sont d’accord avec nos revendications, nos idées et nos valeurs, ils nous le disent, mais n’osent pas en parler par peur de leur hiérarchie.

« Nous avons aussi besoin de l’appui de tous les citoyens qui partagent les valeurs de Police pour la vérité.»

Le Média en 4-4-2 : Comment voyez-vous l’évolution de Police pour la vérité dans les prochaines années ? Y a-t-il des évolutions prévues ?

Philippe (Police pour la vérité) : L’évolution de Police pour la vérité sera dépendante de l’évolution de notre monde. Le policier est le reflet de la société à laquelle il appartient. C’est à chacun d’entre nous de faire évoluer notre société telle que nous la souhaitons. Je vous ai expliqué comment nous voyons , comment nous souhaitons, que les gardiens de la paix évoluent. Pour cela, nous avons aussi besoin de l’appui de tous les citoyens qui partagent les valeurs de Police pour la vérité. C’est ainsi que nous vous invitons tous à nous rejoindre à Marseille le 10 décembre. Le travail sera long et ardu, mais il en vaut la peine !

Le Média en 4-4-2 : Merci Philippe pour le temps que vous nous avez consacré ! Nous vous laissons le mot de la fin.

Philippe (Police pour la vérité) : Je tiens à vous remercier au nom de Police pour la vérité pour ce temps de parole qui nous est donné. Nous espérons que le citoyen comprend que nous avons entendu son message, sa demande, vis-à-vis de sa police. Nous sommes là pour réaliser ce rapprochement, car nous sommes absolument convaincus de ces valeurs et du fait que nous sommes au service et à la protection réfléchie de nos concitoyens. Nous avons besoin de leur appui. Venez nous rejoindre le 10 décembre à Marseille. Nous serons en tête du cortège, les Gardiens de la paix avec le Syndicat des Gilets Jaunes.

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