Frédéric pompier professionnel, 32 ans de service, suspendu : « Nous avons moins de droits que des condamnés reconnus ! »

Santé

mise à jour le 19/08/22

Huitième épisode de « Paroles de suspendus » avec Frédéric, pompier suspendu. Cela fait un an que Emmanuel Macron a annoncé l’une des mesures les plus honteuses de ces dernières décennies : la vaccination obligatoire pour le personnel soignant. Surtout depuis que l’on sait, de source officielle, que le « vaccin » n’empêche pas la transmission du virus… En leur donnant la parole, nous avons décidé de rendre hommage à notre manière à ces citoyens qui refusent de s’injecter un traitement en phase expérimentale pour conserver leur emploi.

 


Le Média en 4-4-2 : Bonjour Frédéric, et merci d’avoir répondu à l’invitation du Média en 4-4-2. Pouvez-vous vous présenter en 4-4-2, c’est-à-dire de manière concise et efficace ?

Frédéric : Bonjour, je m’appelle Frédéric, j’ai 53 ans, je suis marié, j’ai deux enfants. Sapeur-pompier depuis 32 ans, professionnel depuis 1990… Médaillé d’honneur « or » des sapeurs-pompiers en 2020… Interdit de travailler en 2021…

Le Média en 4-4-2 : Cela fait un an, le 12 juillet 2021, que Macron a annoncé l’obligation vaccinale pour les soignants. Comment avez-vous appris cette nouvelle et quelle a été votre réaction ?

Frédéric : Je précise tout de suite que je ne suis pas « suspendu » au sens administratif du terme. En effet, j’ai refusé de céder à l’injonction vaccinale dès l’annonce présidentielle le 12 juillet 2021. En soi le vaccin je m’en fous, mais j’avais plus besoin d’être convaincu que contraint… Et je ne vois pas pourquoi j’aurais dû céder à cet affreux chantage (la piqûre ou la vie sociale), d’autant que dès le départ, on ne savait pas combien de doses étaient prévues dans ce deal avec le diable (1, 2, 3, 4 ?)

Le Média en 4-4-2 : Le 15 septembre 2021, la « vaccination » a donc été rendue obligatoire pour votre profession. Et vous avez décidé de ne pas vous y soumettre. Comment cela s’est-il passé avec votre employeur ? Quand et comment avez-vous été suspendu ?

Frédéric : Sachant que cette loi d’exception devait prendre fin le 15 novembre, j’ai posé tous mes congés, ainsi que mon CPF (Compte Professionnel de Formation) et ça faisait pile le joint jusqu’au 15 novembre… J’en ai profité pour faire une formation dans le nautisme (brevet d’aptitude à la conduite des petits navires). Enfin, le 26 octobre 2021, ayant bien compris qu’ils ne reviendraient jamais en arrière, je suis allé voir mon psy, qui me suivait déjà depuis un certain temps (en effet pour moi la crise sanitaire de 2020 et sa gestion par nos autorités ont profondément modifié la vision que je me faisais de ma profession). Ce dernier m’a placé en arrêt maladie, pour burn out…

Le Média en 4-4-2 : Cela fait donc presque un an que vous êtes suspendu : comment cela se passe-t-il au jour le jour, maintenant que vous n’avez plus de revenu et que vous ne pouvez pas travailler ailleurs ?

Frédéric : Depuis le 26 octobre dernier, je suis en arrêt maladie, avec mon revenu entier les trois premiers mois, en demi-traitement ensuite (c’est mieux que rien !). Par contre j’ai fait le recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme, porté par le syndicat Sud (la seule organisation qui nous aide, et pourtant je n’étais même pas adhérent chez eux !) J’étais aux Autonomes, le premier syndicat de pompiers, que j’ai bien sûr quitté depuis. Depuis septembre dernier, beaucoup de choses ont changé dans mon quotidien ; notamment j’ai dû vendre mon logement, devenu trop grand et trop cher pour mes (nouveaux) moyens… En effet, ma fille fait des études à l’étranger, alors ce n’était pas à elle de payer l’addition ! Donc je suis passé d’un 120 m2… à un meublé de 20m2 pour un mois… En attendant de racheter un bateau, sur lequel je vivrai jusqu’à nouvel ordre ! En attendant je n’ai plus de bureau, plus d’ordinateur… Tout est rangé bien sagement dans des cartons, dans un garage, en attendant des jours meilleurs ! Il me reste juste mon téléphone portable…

Le Média en 4-4-2 : Le gouvernement ne semble pas vouloir réintégrer les suspendus… Comment voyez-vous votre avenir, ainsi que celui de notre société ?

Frédéric : Aujourd’hui, pour moi le divorce est consommé, je ne reviendrai jamais chez les pompiers, quoi qu’il arrive. (J’ai 53 ans, les pompiers c’était toute ma vie puisque je suis entré volontaire juste après le service national en 1990, puis professionnel en 1992, il y a trente ans tout juste cette année en mars.) Je ne pourrai plus jamais travailler en confiance et donner ma vie pour des gens qui n’ont rien fait pour moi depuis bientôt un an. J’avais beaucoup d’amis bien sûr, ils se sont presque tous détournés de moi du jour au lendemain, sans doute parce que je représente le courage qu’ils n’ont pas eux ; très peu voulaient se faire vacciner de leur plein gré ! Je ne fais pas parti de ceux qui implorent d’être réintégré. Moi, je savoure cet été et ma liberté retrouvée, après avoir passé tant d’étés bousillés par mes contraintes professionnelles (sapeur-pompier dans le Sud, j’étais limité en nombre de jours de congés l’été, obligé mes jours de repos soit de garder les plages, soit de participer aux dispositifs préventifs des feux de forêt, tout ça au détriment de ma vie familiale).

Le Média en 4-4-2 : Merci Frédéric pour le temps que vous nous avez consacré ! Nous vous laissons le mot de la fin.

Frédéric : Je souhaite ajouter que je me moque pas mal que les pompiers européens (probablement non vaccinés comme moi eux aussi !) viennent bosser à notre place à grand renfort de com’ gouvernementale ! Je note avec amusement qu’en 2005, au moment de la ratification du traité , la directive Bolkenstein et son fameux plombier polonais avait fait couler beaucoup d’encre, et 17 ans plus tard le pompier polonais sous Macron est bien plus tendance… Preuve que les Français n’ont pas de mémoire ! Après, sans remettre en question les compétences de nos collègues européens, je doute que les pompiers allemands aient la même expertise en feux de forêt et d’espaces naturels que nous… Bon faut voir le bon côté des choses, peut-être qu’avant de partir ils nous apprendront à faire la choucroute aussi bien qu’eux !

Voilà. Je disais donc que, pour moi, le divorce est consommé, et je ne reviendrai jamais ! En revanche on ne va pas rester en apesanteur comme ça éternellement. Je pense à mes collègues suspendus, sans traitement, sans aucun droits et sans cotisations à rien ! C’est contraire à toutes les règles nationales et internationales de droit du travail ! Nous avons aujourd’hui moins de droits que des condamnés reconnus (eux, ils touchent des aides et des revenus sociaux) ! C’est pas possible, il faut que ça change ! De toute façon les gens qui ne sont pas vaccinés depuis 12 mois n’iront pas demain (ou alors ils sont très cons d’avoir enduré ça pour craquer ensuite !). Une sortie de crise doit être trouvée, et des solutions proposées ! Ça s’appelle un divorce, une rupture conventionnelle ! Il faut être conscient d’une chose : il y a tellement de gens qui ne voulaient pas se faire vacciner, et qui y sont allés sous la contrainte au nom du « j’ai pas le choix » (je déteste ce terme : on a toujours le choix !) que si le gouvernement réintègre « les résistants », il enverra un très mauvais signal aux autres qui se sentiront cocus une seconde fois ! Et la prochaine fois que le pouvoir emploiera ces méthodes pour passer en force, ça pourrait coincer… Que mes ex-collègues se rassurent, le démantèlement des services publics à la française est « en marche » ; plus rien ne s’y oppose, car la résistance que nous sommes aura disparu !

Aujourd’hui, je dis à mes collègues d’arrêter de demander leur réintégration ! Ces gens ne vous aiment pas ! Ils ne vous méritent pas ! Tournez la page ! Ça fait douze mois qu’ils vous traitent comme des moins-que-rien ; vous voulez retourner bosser pour eux, avec vos collègues qui vous ont oubliés ? Laissez tomber… et négocions la sortie par le haut ! Moi, c’est simple : j’ai donné trente ans de ma vie. Mes meilleures années. Je veux un chèque à la hauteur du sacrifice, pour solde de tout compte. Avec cette indemnisation, je monterai un projet professionnel ici ou ailleurs, et cette fois, je n’aurai de comptes à rendre à personne !

Frédéric était l’invité d’André Bercoff sur Sud Radio :

Le Média en 4-4-2.

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