Musique

The Strokes terminent leur concert par un montage vidéo dénonçant les actions de la CIA et les bombardements à Gaza et en Iran

Samedi 19 avril 2026, sur la scène principale de Coachella, The Strokes ont offert bien plus qu’un concert. Alors que les derniers accords de Oblivius – titre tiré de leur EP de 2016 et joué pour la première fois en live depuis une décennie – résonnaient sous le ciel californien, les écrans géants derrière le groupe se sont transformés en tribunal historique. Un montage vidéo précis, impitoyable, a défilé sous les yeux de milliers de festivaliers : un réquisitoire en images contre les ingérences de la CIA, les bombardements à Gaza et en Iran, et des décennies de coups d’État orchestrés depuis Washington.

mise à jour le 22/04/26

Un montage vidéo, des bombes, et un refrain obsédant : le jour où The Strokes ont forcé le festival Coachella à regarder la réalité en face.

La CIA en playlists : sept noms, sept crimes

Le film accusateur n’y est pas allé par quatre chemins. Mohammad Mossadegh (Iran, 1953), Patrice Lumumba (Congo, 1961), Salvador Allende (Chili), Jacobo Árbenz (Guatemala), Omar Torrijos (Panama), Jaime Roldós (Équateur), Juan José Torres (Bolivie) : la liste des victimes de la realpolitik américaine a défilé comme un rappel glaçant. Même Martin Luther King Jr. y a trouvé sa place, avec un rappel du procès civil américain ayant établi la responsabilité de l’État dans son assassinat. Le pire : les images de destructions massives « Over 30 universities destroyed in Iran », suivies de séquences de bombardements américains et israéliens, puis d’une explosion contrôlée légendée « Last university standing in Gaza » – l’université al-Israa, dernière encore debout avant sa destruction.

« De quel côté tu te places ? » : un refrain qui sonne comme un ultimatum

Pendant que le montage défilait, Julian Casablancas, chanteur des Strokes, a martelé en boucle le refrain de Oblivius : « What side you standing on ? ». La question, lancinante, a résonné comme un coup de massue. Le set s’est achevé sans rappel, sous une mosquée illuminée en fond d’écran – un symbole lourd de sens, une provocation calculée. Ou un simple constat.

Rock et politique : une tradition qui dérange

Si les prises de position politiques ne sont pas nouvelles dans le rock ou l’indie, celle-ci frappe par sa clarté et son audace. Sur la plus grande scène de Coachella, devant des milliers de spectateurs et des millions d’internautes en ligne, The Strokes ont transformé un festival en caisse de résonance géopolitique. Les réactions, comme toujours, ont été partagées : entre ceux qui saluent un engagement rare et ceux qui y voient une récupération. Une chose est sûre : aucune vidéo officielle du set n’a été publiée. Mais les extraits, eux, circulent – et avec eux, la preuve que le rock peut encore servir à autre chose qu’à vendre des t-shirts.



Un concert, une question, aucun regret ?

The Strokes viennent de signer l’un des moments les plus politiques de l’histoire de Coachella. Les organisateurs feront-ils comme si de rien n’était ? Les médias mainstream enterront-ils l’affaire ? Une chose est certaine : dans un pays où la mémoire sélective est une spécialité nationale, ce concert restera comme un coup de projecteur sur ce qu’on préfère souvent ignorer. « What side you standing on ? » – la question, elle, attend toujours une réponse.

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