Pour lutter contre l’inflation, Bruno Le Maire dit vouloir « soulager » le porte-monnaie des Français !

Décryptage, Humour, Littérature, Politique, Portraits

mise à jour le 23/08/22

Ah ! on le reconnaît bien là, le lascar ! Ineptie personnelle ? manque de culture ? inconsciente malhonnêteté ? Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, nous offre l'occasion de nous plonger dans l'argot, toujours savoureux, et de confirmer que des voleurs sont bien au gouvernement. Que veut dire « soulager » ? Cela veut dire « voler ». Eh oui ! tout simplement.

Dans une interview à lire dans Sud Ouest Dimanche, Bruno Le Maire veut « soulager le porte-monnaie » des Français. S’il parlait français, il saurait ce que « soulager le porte-monnaie » veut dire. Voici des exemples assez savoureux de ce français qu’il ignore.

  • Alléger la poche de son voisin de la montre ou de la bourse qu’elle contenait. (Delvau, 1867).
  • Voler. Soulager qqn de son portefeuille. Il savait le propriétaire absent avec sa famille et ses domestiques (…). Des gens très riches, donc, en les soulageant de quelques bibelots, on ne leur ferait aucun tort véritable (Bourget, Conflits int., 1925, p. 226).
  • Les jetons furent vidés dans une sébile, et, pendant que le comptable refermait la boîte, le gérant soulagea vivement la sébile d’une poignée de jetons, qu’il fourra dans sa poche avec une prestesse invraisemblable (Mémoires de Rossignol, 1900).
  • Nous sommes accusés d’avoir dévalisé une bijoutière de Bruxelles et de l’avoir soulagée de 50 millions (Au décarpillage, 1969).
  • Doigts d’or palpe les poches de sa victime, qui tâche de contourner l’obstacle, et le soulage d’une grosse liasse de billets (Pickpockets ! Vingt ans de flagrant délit : un flic parle, 1990).
  • Il arrive aussi que je me fasse embrouiller : mon vieux pote Nanard de Belleville m’a gaufré l’équivalent de 12 000 euros et mon ex-comptable, l’Assassin dont je vous ai déjà parlé, m’a sans doute soulagé de 35 000 euros. (Moi Dodo la Saumure, 2013).

Les voleurs partent d’un bon sentiment : que le badaud, quidam, rentier du XIXe ou bon citoyen du XXIe se sente beaucoup plus léger. Bruno, comme eux, ne veut que notre bien. Et c’est là que la langue française nous offre encore un double sens : de vouloir apporter le bien moral à vouloir arracher le bien matériel, il n’y a qu’un pas ou plutôt qu’une glisseuse habile à se faufiler dans larfeuille d’un compatriote.

Les pieds Nickelés (3e série) (1946-1988) Une BD de De Montaubert, Roland et Pellos, René

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.

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