Polémique en Guyane : un supermarché offre des bons d’achat de 5€ pour se faire vacciner

Politique, Santé

mise à jour le 24/04/21

Incitation à la vaccination avec des bons d'achat - Guyane

La stratégie pour inciter les gens à la vaccination est particulièrement indigne. En Guyane, le magasin Super U de Saint-Laurent-du-Maroni promettait d’offrir un bon d’achat de cinq euros aux 2000 premiers vaccinés contre le Covid. On est très loin du consentement libre et éclairé. Habitants et élus guyanais ont vivement réagi, la campagne a été retirée.

« Nous faisons cela parce que très peu de personnes se font vacciner à Saint-Laurent. Y compris parmi mes salariés. Si on se fait vacciner, on s’en sortira plus vite. Si on veut protéger les plus fragiles et éviter un nouveau confinement, il n’y a plus de temps à perdre », expliquait le gérant du magasin au lancement de l’initiative ce lundi.

Mais tous ne l’ont pas entendu de cette oreille à l’image de Warren jeune lycéen d’Apatou qui n’a pas manqué de se moquer de cette campagne : « Qui a envie de se vendre pour 5 euros ? » a-t-il lancé à ses amis. Francane, jeune mère de famille de 26 ans, avoue également sa surprise à la découverte de cette campagne :

« Je suis choquée que le CHOG et l’ARS se servent de notre seule grande surface pour inciter la population à se faire vacciner. Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Ils ne vont pas convaincre des gens comme cela avec des bons d’achats. Et je suis étonnée que le gérant du Super U ait accepté de jouer le jeu. »

Ces réactions ont ensuite été appuyées par différents représentants de la classe politique guyanaise. Gabriel Serville s’est étonné, dans un communiqué, « qu’un organisme d’État, l’ARS, associe une campagne de vaccination à une campagne publicitaire liée à des intérêts privés », tout en dénonçant une forme « d’instrumentalisation de la misère » plutôt que de faire appel « à l’intelligence de la population ou à sa compréhension du contexte sanitaire ».

Enfin, Lenaick Adam, député de la circonscription de Saint-Laurent-du-Maroni a qualifié l’initiative de « maladresse aux connotations méprisantes ». L’élu a contacté le gérant de l’enseigne « pour lui demander de retirer cette campagne ».

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