Économie

Pénurie annoncée : L’Agence Internationale de l’Énergie admet avoir sous-estimé le déclin des gisements pétroliers

L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), organisme lié à l’OCDE, a reconnu dans un rapport publié le 16 septembre 2025 une erreur d’appréciation aux conséquences potentiellement lourdes pour les marchés pétroliers. Intitulé The Implications of Oil and Gas Field Decline Rates, ce document révèle que le déclin de production des gisements d’hydrocarbures conventionnels s’accélère plus rapidement qu’escompté. Un constat qui remet en cause les scénarios antérieurs de l’Agence, fondés sur une transition énergétique progressive, et qui laisse entrevoir un déséquilibre structurel entre offre et demande.

mise à jour le 21/09/25

La convergence d’une demande robuste et d’une offre contrainte pourrait provoquer un « effet ciseaux » bien plus tôt que prévu…

Une accélération inattendue du déclin des gisements

L’AIE, qui préconisait depuis plusieurs années une diminution maîtrisée de l’exploitation pétrolière, fait aujourd’hui état de taux de déclin naturels bien supérieurs aux projections. En l’absence de nouveaux investissements, la production pétrolière mondiale chuterait de près de 8 % par an d’ici 2035, soit une perte annuelle de 5,5 millions de barils par jour – l’équivalent des productions brésilienne et norvégienne combinées. Pour le gaz, le recul atteindrait plus de 9 % par an.

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Ces chiffres, en nette augmentation par rapport aux estimations de 2010, s’expliquent notamment par la part grandissante des hydrocarbures non conventionnels, tels que le pétrole de schiste américain, dont le taux de déclin dépasse 35 % la première année après le pic. Les gisements conventionnels affichent pour leur part un recul moyen de 5,6 % pour le pétrole et 6,8 % pour le gaz, avec de fortes disparités régionales.

Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, souligne : « Les taux de déclin constituent un paramètre incontournable dans l’évaluation des besoins d’investissement. Or, notre analyse atteste de leur accélération au cours des dernières années. » Près de 90 % des investissements annuels en amont serviraient aujourd’hui à compenser ces pertes.

Une demande soutenue, dopée par l’IA et la transition

Contrairement aux anticipations d’un recul, la demande mondiale de pétrole continue de croître. L’AIE table sur une hausse de 740 000 barils par jour en 2025, révisée légèrement à la hausse, et environ 700 000 en 2026. Cette dynamique est en partie attribuable à la consommation énergétique exponentielle des technologies d’intelligence artificielle, dont les data centers requièrent des capacités électriques colossales – à l’image du supercalculateur d’Elon Musk, alimenté par des turbines à gaz.

Par ailleurs, la transition énergétique elle-même contribue à cette demande : la fabrication et l’installation d’énergies renouvelables, telles que les éoliennes et les panneaux solaires, restent fortement consommatrices d’énergies fossiles. La croissance économique des pays émergents vient renforcer cette tendance.

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Une offre sous tension : le pic du schiste américain et ses conséquences

Les États-Unis, principal producteur de pétrole de schiste, peinent désormais à maintenir leur rythme de production malgré les politiques incitatives. L’épuisement accéléré des puits non conventionnels, qui représentent aujourd’hui 23 % de la production mondiale contre 3 % en 2000, fragilise l’offre globale.

Si la production devrait augmenter de 2,7 millions de barils par jour en 2025, grâce notamment aux pays non-membres de l’OPEP+, le déclin des gisements existants impose des investissements urgents. Sans nouveaux projets, la production mondiale pourrait chuter à 42 millions de barils par jour d’ici 2035, renforçant la dépendance envers l’OPEP et la Russie.

Vers un choc pétrolier ?

La convergence d’une demande robuste et d’une offre contrainte pourrait provoquer un « effet ciseaux » bien plus tôt que prévu. L’AIE alerte sur la nécessité de investissements soutenus – environ 570 milliards de dollars en 2025 – pour éviter un arrêt net de la croissance de la production.

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Les implications géopolitiques sont majeures : une concentration de l’offre entre les mains de quelques acteurs, associée à des tensions internationales, pourrait déstabiliser les marchés et faire planer le spectre d’un troisième choc pétrolier.

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3 commentaires sur "Pénurie annoncée : L’Agence Internationale de l’Énergie admet avoir sous-estimé le déclin des gisements pétroliers"

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  1. Non, le 4-4-2, ne tombez pas dans ce Nième piège catastrophiste !
    Trop de décennies de rabachage d’histoires de fin de pétrole, de pic de production et autres.
    Au contraire, les réserves prouvées de pétrole sont en augmentation régulières depuis 1970, malgré une consommation en forte hausse.
    Juste un site au hasard : https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/reserves-de-petrole-dans-le-monde

  2. Depuis la deuxième moitié du XIX éme siècle ,Les Rothschild se sont évertués à rajouter « fossile » à Énergie pour qualifier le pétrole brut, de façon à faire croire que les quantités sont limitées donc chères !
    Toutefois le pétrole d’origine minérale avec comme source le méthane serait présente en si grande quantité dans la croute terrestre qu’il serait le liquide le plus abondant sur terre après l’eau! Donc, il est grand temps de ressortir des cartons le narratifs qui ne plait pas aux riches…
    Source: Comprendre le pétrole par Jérôme HALZAN : ISBN 978-2-36725-191-2.

  3. Le déclin pétrolier. Comme c’est bizarre. C’est là juste le contraire de ce que dit la Russie laquelle a foré dans son grand nord et a découvert des gisements de pétrole d’une énormité insoupçonnée, toutefois plus conséquents que ceux connus à ce jour.

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