Mathilde Panot accusée d’antisémitisme pour avoir prononcé le mot « rescapée »

Faits-divers, Politique

mise à jour le 13/07/22

En France tous les mots mènent à l’antisémitisme pour diaboliser et détruire ses adversaires.

Lors du discours de Mathilde Panot à l’Assemblée nationale le 6 juillet 2022 en réponse à Élisabeth Borne, la femme politique explique le cheminement de la Première ministre qui a échappée à l’accident politique en comparaison à ses collègues tombés sur le champ de bataille. C’est dans cette vison que le député (LFI) s’est permis cette phrase à l’encontre de Mme Borne :


« Madame Borne, il faut le dire : vous êtes une rescapée. Vous êtes la Première ministre la moins bien élue de la Ve République. Vous avez maintenu un gouvernement à trous et en sursis : trois de vos ministres ont été défaits aux législatives. La ministre des Outre-mer a tenu trente-six jours, avant de prendre la fuite. Que dire du ministre accusé de plusieurs viols, maintenu en poste jusqu’à lundi, ou de celle visée pour des viols gynécologiques, toujours en fonction à ce jour ? Le camouflet électoral des législatives porte votre nom. Mais vous voilà toujours là ! »

« Rescapée » dans le sens : « vous avez eu chaud aux miquettes ». Mais il n’en fallait pas moins à nos torquemada qui ont des points Godwin plein les chaussettes, et sont prêts à en distribuer à la volée. En effet, il faut aller fouiller dans l’arbre généalogique de Mme Borne pour savoir que notre Première ministre est juive et que son père était un rescapé des camps nazis. Une information qui n’est pas marquée sur son front et dont les Français vont apprendre l’existence. Il n’en fallait pas moins à Jacques Attali, Raphaël Enthoven et le président du CRIF Yonathan Arfi pour monter au créneau.

On accuse donc Mathilde d’avoir utilisé le mot « rescapé » comme référence aux heures les plus sombres de l’Histoire. Un mot qui sera donc interdit d’utilisation — on n’est jamais trop prudent. La stupidité atteint son maximum chez nos politiques, personnalités… tout est bon pour attaquer les adversaires. De son côté, Myriam Palomba, de confession juive, voit clair dans le jeu ignoble de l’opposition.

Le mot rescapé fait partie de la langue française et appartient à tous. Le Larousse le définit ainsi : Qui est sorti sain et sauf d’un danger, d’une catastrophe, d’un sinistre (de rescaper, forme picarde de réchapper). À son origine : la catastrophe de la mine de Courrières en 1906. C’est un mixte de patois picard et de langage journalistique. Les rescapés étaient les mineurs qui étaient sortis au bout de plusieurs jours et étaient donc escapés (patois picard) deux fois, la première du grisou, la deuxième de la faim et de la soif.

En 1922, Proust l’utilise pour désigner les poilus : « Les rescapés du front que sont les permissionnaires parmi les vivants » (Le Temps retrouvé, 1922). Il devait donc être antisémite. Ah non ! c’est à partir de 1945 qu’un rescapé est forcément juif. Ce détournement de sens sert à détourner l’attention. Pendant qu’on coupe les cheveux en quatre en jouant sur les mots, on détourne l’attention. Elisabeth Borne, de symbole de la défaite morale et électorale du gouvernement devient une victime (de l’antisémitisme, bien sûr). Et voilà l’arnaque ! L’accusation d’antisémitisme étant l’arme la plus puissante pour atteindre son adversaire, on ne risque pas de la voir disparaître d’ici demain…. mais à force de l’utiliser, elle perd aussi de sa force.

Le Média en 4-4-2

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