Je vis avec une myopathie de Duchenne.
Je ne marche plus. Je ne peux plus écrire. Je suis totalement dépendant des autres et j’ai besoin d’une assistance respiratoire la nuit et presque tout le jour…La proposition de loi sur « l’aide à mourir » m’inquiète, elle m’angoisse…
— Louis Bouffard Officiel (@L_Bouffard_off) October 13, 2025
Un quotidien marqué par la dépendance totale
Atteint de myopathie de Duchenne, Louis Bouffard ne peut plus se déplacer ni même écrire sans aide. Il dépend entièrement d’autrui pour ses besoins quotidiens et nécessite une assistance respiratoire quasi permanente, jour et nuit. Dans un message émouvant posté sur X, il décrit comment cette réalité le rend particulièrement sensible aux débats actuels sur l’euthanasie et le suicide assisté.
Comment la société me verra-t-elle demain ? Comme quelqu’un qui mérite encore d’exister, ou comme un poids inutile ?s’interroge-t-il.
Cette inquiétude n’est pas isolée. Elle pointe du doigt une tendance alarmante : au lieu de renforcer les structures d’aide pour les plus faibles, la société semble opter pour des solutions radicales qui pourraient accélérer leur disparition.
Louis Bouffard dénonce cette approche comme un abandon pur et simple, surtout quand les hôpitaux publics croulent sous les problèmes et que les aides à domicile manquent cruellement de moyens.
Une pression sociale invisible mais oppressante
L’adoption d’une loi sur l’aide à mourir, selon Louis, altérerait fondamentalement notre perception collective de la fragilité humaine. Une fois en place, elle pourrait instaurer une norme subtile où les individus dépendants se sentent obligés de « choisir » la mort pour ne pas encombrer les autres.
Dans un pays où les budgets sont serrés et les priorités politiques floues, qui garantira que l’on continue à investir dans la vie plutôt que dans la fin ?questionne-t-il avec amertume.
Il met en lumière des exemples concrets qui illustrent ce décalage : tandis que des unités de soins palliatifs, comme celle de La Roche-sur-Yon, ferment leurs portes faute de financement, les discussions sur l’aide à mourir avancent à grands pas. Parler d’accès à la mort alors que l’accès aux soins n’est même plus assuré, c’est une aberration
, martèle Louis. Cette situation, aggravée par la dette publique et les crises budgétaires, risque de pousser les plus vulnérables vers une sortie forcée, au nom d’une prétendue liberté.
Appel solennel pour une pause réfléchie
Face à cette urgence, Louis Bouffard adresse un appel direct au Premier ministre, Sébastien Lecornu, via son compte X. Il plaide pour une pause sociétale
sur ce sujet irréversible, arguant que débattre de l’euthanasie en pleine instabilité politique et sociale serait une erreur monumentale.
C’est une faute morale, un mépris envers ceux qui luttent déjà pour survivre, affirme-t-il.
Il cite également le cas du CHU de Rennes, où des préparatifs pour appliquer une loi non encore votée ont été mis en place, ce qu’il qualifie de faute éthique grave
. Dans un hôpital public censé protéger les patients, anticiper des pratiques encore illégales en France soulève des questions sur la neutralité et l’intégrité du système de santé.
Les soins palliatifs : Une alternative oubliée et sous-financée
Louis Bouffard insiste sur le fait que les soins palliatifs représentent un pilier essentiel de solidarité humaine. Pourtant, le plan décennal voté pour les développer reste lettre morte faute de budget réel.
Les soignants, les aidants et les auxiliaires de vie font un travail admirable, mais sans moyens, c’est vain, regrette-t-il.
Au lieu de légiférer sur la mort provoquée, il appelle à une mobilisation pour garantir une vie digne : plus de ressources pour les services à domicile, une lutte contre l’isolement des vulnérables, et un engagement politique ferme contre l’abandon des plus fragiles.
Cette vision résonne particulièrement dans un pays où les familles deviennent souvent le dernier rempart face à des services publics défaillants. Les proches ne devraient pas être la variable d’ajustement
, prévient Louis, craignant que la loi n’exerce une pression économique et sociale insoutenable sur les personnes dépendantes.
Vers une société qui privilégie la Vie sur la Mort
En conclusion, le témoignage de Louis Bouffard nous interpelle tous : dans une époque troublée par les crises, adopter une loi sur l’aide à mourir sans d’abord réparer le système de soins serait une trahison. Nous n’avons pas besoin d’organiser la mort, mais de bâtir une société qui organise la vie
, conclut-il avec force. Il invite les citoyens à signer un manifeste sur leseligibles.fr pour défendre les droits des handicapés, malades et âgés.
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