Les laboratoires préparent une pilule anti-covid

Santé

mise à jour le 31/05/21

Pillule anti-covid - Steve Buissinne

Après avoir diabolisé les traitements alternatifs comme l’hydroxychloroquine et l’ivermectine, qui ont pourtant eu de bons résultats, les laboratoires pharmaceutiques préparent leurs propres antiviraux… Ils annoncent pour bientôt la pilule anti-covid. Alternative à une médecine qui ne leur rapportait pas un rond.

Des pilules de Molnupiravir, un antiviral contre le Covid-19, sont en cours de développement par le laboratoire pharmaceutique américain Merck, en partenariat avec la société de biotechnologies Rideback Biotherapeutics.

Après les vaccins, les entreprises pharmaceutiques sont sur les rangs pour développer un traitement à avaler simplement chez soi, avec un grand verre d’eau, en cas d’apparition de symptômes.

Plusieurs années seront nécessaires afin que les vaccins soient disponibles partout. Et même une fois qu’ils seront largement diffusés, certaines personnes refuseront toujours la piqûre. Enfin, un très petit nombre de personnes vaccinées tomberont malgré tout malades.

Qu’est-ce qu’un antiviral ?

Des antiviraux existent déjà contre d’autres virus, par exemple le VIH responsable du sida, ou celui de la grippe (Tamiflu).

Comment fonctionnent-ils ?

« Les virus sont des petites machines, qui ont besoin de certains composants pour se répliquer. Les antiviraux sont généralement de petites molécules chimiques, développées pour interférer avec cette machinerie. Ils introduisent une mutation dans le virus, et lorsque cela se produit plusieurs fois, ces mutations diminuent la capacité du virus à se répliquer. »

La maladie ainsi freinée, les cas graves, les hospitalisations et les décès peuvent être évités. (Tiens ! comme les traitements diabolisés, qui sont utilisés depuis un an dans certains pays.)

Les projets en cours

Deux projets sont actuellement relativement avancés, testés sur plus d’un millier de personnes (essais cliniques de « phase 3 »).

Le premier est celui du laboratoire pharmaceutique américain Merck, en partenariat avec la société de biotechnologies Ridgeback Biotherapeutics.

Le produit s’appelle Molnupiravir. D’abord développé contre la grippe, il a été modifié pour pouvoir être mis sous forme de pilule. Celle-ci doit être prise deux fois par jour, pendant cinq jours.

Le deuxième projet est celui de l’entreprise pharmaceutique suisse Roche, en partenariat avec l’Américaine Atea Pharmaceuticals. Appelé AT-527, le traitement est testé chez environ 1 400 participants en Europe et au Japon, cette fois dès 12 ans.

« Nous nous attendons à demander une autorisation aux régulateurs d’ici la fin de l’année et à lancer le médicament en 2022 », a déclaré à l’AFP Jean-Pierre Sommadossi, PDG d’Atea.

Un troisième projet, moins avancé, est développé par Pfizer. Contrairement aux autres, le traitement appelé PF-07321332 n’a pas été réadapté mais développé spécifiquement contre le SARS-CoV-2, le virus causant le Covid-19. Il est testé chez environ 60 adultes, avec des résultats attendus d’ici fin juin.

Un défi : être pris au début de la maladie

Chez Merck comme chez Roche, le médicament doit être pris cinq jours maximum après l’apparition de symptômes.

En effet, la réplication du virus est maximale durant la première semaine.

« Le plus tôt vous soignez avec un antiviral, meilleure sera l’issue », explique Daria Hazuda, qui dirige les recherches pour le médicament de Merck.

Une fois les pilules disponibles, le principal défi sera donc de diagnostiquer les patients très tôt. (Cela rappelle les propos d’un certain Pr Raoult.)

Afin d’accélérer le processus, « les tests à domicile vont devenir de plus en plus importants », prédit Jean-Pierre Sommadossi.

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