À travers des témoignages saisissants, les victimes décrivent un processus de remémoration aussi violent que confus, fait de douleurs physiques inexpliquées, de flashs fragmentés et de métaphores puissantes – comme une mosaïque qui s’assemble ou un puzzle dont des pièces manquent.
Cette déconnexion initiale, orchestrée par le cerveau pour éviter une mort psychique, isole le traumatisme dans une « boîte noire ». Ce n’est que bien plus tard, souvent à la faveur d’un élément déclencheur, que le tsunami des images submerge la conscience, imposant à la victime un douloureux travail de reconstruction identitaire. Ce phénomène neurobiologique, méconnu, conduit trop souvent à mettre en doute la parole des survivants, accusés d’avoir « bien souhaité » ce qui leur était arrivé puisqu’ils n’en portaient pas la mémoire immédiate.
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