Dans une archive troublante, Yves Boisset raconte sa rencontre avec cette ex-policière, brisée après avoir découvert l’implication de notables lillois dans un réseau de prostitution infantile. Malgré les preuves, l’enquête fut étouffée, et Éliane, contrainte à la démission. « Elle l’a ressenti comme une injustice effroyable », confie le réalisateur, dont le film reste l’une des rares œuvres françaises à affronter ce sujet tabou. Entre « La Femme Flic » et « Les Ballets écarlates » de Mocky, le cinéma aura-t-il été plus courageux que la justice ?
Yves Boisset connaît bien ces mécanismes d’étouffement. Interrogé sur l’affaire des « disparues de l’Yonne » – un dossier macabre lié à des réseaux maçonniques –, il évoque des témoins identifiant « un ancien ministre » rôdant près des lieux des crimes. « Un haut fonctionnaire m’a « conseillé » d’abandonner, en me rappelant les nombreux « suicides » et « accidents » autour de cette affaire », révèle-t-il. La menace, à demi-mot, devint réalité : la nuit même, sa voiture, garée en plein Paris, fut vandalisée… avec à l’intérieur, ses notes d’enquête. Preuve que, pour certains secrets, la fiction reste parfois le dernier refuge de la vérité.
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