Le documentaire de Off Investigation exhume ce que l’on savait déjà : comment un ministre de François Hollande, recevant Emmanuel Macron au siège de son journal La Dépêche du Midi, peut acheter le silence de sa collaboratrice après l’avoir frappée, être accusé de viol sur une enfant de douze ans par la fille de son meilleur ami, et organiser dans sa propre feuille de chou des hommages appuyés à Jacques Maggiori, un pédocriminel local, jusqu’à ce que ce dernier, rattrapé par la justice, préfère se jeter dans la Garonne — laissant Baylet, impavide, célébrer la mémoire du « calomnié » tandis que les enfants, eux, continuent de se taire.
Mais puisque le système ne saurait fonctionner sans ses rouages subalternes, ajoutons à ce tableau une petite musique locale qui en dit long sur l’omerta ambiante. Il y a un an, Pierre-Guillaume Mercadal, éleveur de cochons à Monjoie, apprenait à ses dépens que dans le Tarn-et-Garonne, même un compte bancaire peut devenir une arme politique. Après avoir eu le mauvais goût de transférer les comptes de son épouse — vieux de trente-cinq ans, toujours dans le vert, générant des revenus pour la banque — vers l’agence Société Générale de Moissac, notre homme s’est vu signifier son « absence de concours » (absence d’activité) par le directeur Pierre-Emmanuel Chupin.
Hasard objectif, l’épouse de ce banquier zélé travaille au Conseil départemental, cet antre jadis gouverné par Baylet, et Mercadal avait l’outrecuidance de se présenter à la Chambre d’Agriculture, poste stratégique où le notable et ses affidés ont leurs entrées. L’éleveur parle aujourd’hui de « mafia en col blanc » et de « copinage » ; disons simplement qu’il a compris, un peu tard, que dans ce département, même vos sous ne vous appartiennent pas quand vous dérangez le réseau.
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