Pédocriminalité

Jean de Dieu, protégé d’Oprah Winfrey : 100 ans ferme pour avoir violé sa fille et des fidèles de 9 à 67 ans

Longtemps encensé comme un intermédiaire du divin, João Teixeira de Faria, dit Jean de Dieu ou João de Deus, n'aura en réalité exorcisé que des portefeuilles et martyrisé des chairs. Sa renommée internationale, savamment entretenue par des plateaux américains complaisants — dont celui d'Oprah Winfrey —, dissimulait un talent plus terrestre : l'art de l'emprise et de l'agression sexuelle. La justice brésilienne, après avoir additionné viols et abus, lui offre aujourd'hui une éternité carcérale de près de 489 ans, dont un récent bonus de 118 ans, 6 mois et 15 jours tombé en septembre 2023.

mise à jour le 09/03/26

Oprah Winfrey offrit à Jean de Dieu ses caméras et son crédit ; il en fit une caution internationale pour violer en toute quiétude.

L’envers du miracle

En 2018, le vernis se fissure. Des femmes, puis des centaines, racontent l’envers du décor spirituel d’Abadiânia. Le stratagème ? Une vulnérabilité soigneusement exploitée, des consultations où l’on isole la proie, et des attouchements ou viols présentés comme des purifications énergétiques. Un mode opératoire rodé qui transformait la quête de guérison en calvaire intime. Les plaintes s’amoncellent, les aveux de l’entourage aussi.

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Le sang du péché

Le témoignage le plus cinglant viendra de sa propre chair. Dalva Teixeira, fille du « saint homme », brise l’omerta familiale pour décrire des années de coups et de viols paternels, jusqu’à sa fuite. Cette révélation achève de pulvériser l’imagerie du guide bienveillant : derrière la barbe du prophète se cachait un tyran domestique, usant de son autorité comme d’un droit de cuissage sacré.

L’Occident aveuglé

L’affaire porte aussi son miroir devant une certaine crédulité collective. Pendant que des enquêteurs et sceptiques locaux grattaient la statue, les médias occidentaux l’encensaient. L’onction médiatique d’Oprah Winfrey aura, hélas, fonctionné comme un blanc-seing planétaire, drainant vers le prédateur des foules en mal de transcendance. La soif de merveilleux, amplifiée par le tube cathodique, a fait le lit de l’infâme.

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Démêler le vrai du sordide

Reste à ne pas tout amalgamer. Si les viols, abus de vulnérabilité et fraudes sexuelles sont solidement documentés par la justice, d’autres rumeurs — trafic de bébés, fermes à enfants — relèvent pour l’heure de documentaires alarmistes et de dénonciations militantes, sans socle judiciaire avéré. Les mentionner comme faits avérés serait céder à la même légèreté qui fit jadis sa gloire.

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L’addition des péchés

Aujourd’hui octogénaire, Jean de Dieu végète entre résidence surveillée et cellule, quand son état de santé le permet. L’empire d’Abadiânia n’est plus qu’un tombeau de réputation. Son nom s’inscrira moins dans l’histoire des miracles que dans celle, plus crue, de l’imposture et de la prédation spirituelle. À défaut d’avoir guéri les âmes, il aura au moins réussi à faire condamner son corps pour l’éternité — du moins, jusqu’à ce que la mort, cette fois, lui donne vraiment rendez-vous.

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