L’affaire qui secoue actuellement Francis Szpiner, sénateur Les Républicains, ancien maire du 16ᵉ arrondissement de Paris et l’avocat de N. Sarkozy dans l’affaire Kadhafi, prend une tournure encore plus troublante. Au cœur des soupçons : l’attribution d’un logement social à une jeune femme en grande détresse, en échange présumé de relations sexuelles. Une information judiciaire pour corruption active et passive est en cours, et les témoignages qui émergent renforcent l’onde de choc.
Une rencontre née sur Twitter, une issue dramatique
C’est sur les réseaux sociaux, via X, que la jeune femme aurait initialement contacté Francis Szpiner, alors maire du 16ᵉ arrondissement. Forcée de quitter le domicile conjugal situé avenue Foch, l’un des quartiers les plus luxueux de Paris, elle se retrouve sans solution d’hébergement. Son message attire l’attention de l’élu, qui accepte de la recevoir à la mairie. Peu de temps après, un logement social lui est attribué.
Selon Le Monde, ce geste apparemment altruiste est aujourd’hui au cœur de l’enquête menée par la police judiciaire de Paris. Le juge d’instruction, dans le cadre d’une procédure distincte ouverte à la suite d’une plainte de la jeune femme contre son ex-compagnon pour violences conjugales, a signalé au parquet des faits potentiellement constitutifs de corruption.
Des déclarations accablantes lors de l’audition de la plaignante
Lors de son audition officielle le 30 septembre 2024, dont les extraits ont été révélés par Le Parisien, la plaignante accuse nommément Francis Szpiner :
« Me Francis Szpiner a usé de sa qualité de maire du XVIᵉ arrondissement de Paris pour m’obtenir un logement social, en contrepartie de faveurs sexuelles de ma part, à trois reprises. »
Elle détaille ensuite les circonstances dans des propos d’une grande dureté :
« Concernant l’appartement que Szpiner m’a obtenu, par rapport à mon profil et mes droits, je le méritais. Mais je ne méritais pas de devoir passer sous le bureau. Et pour préciser : j’étais à la rue. J’ai dû coucher avec Szpiner. On s’est vus deux fois à la mairie et une fois à l’appartement. »
Dans le même interrogatoire, elle décrit une scène explicite :
« Il m’appelle, il me dit de passer à son bureau car il a une bonne nouvelle pour moi. […] Il m’a proposé de prendre un café, et il m’a dit qu’il allait voir quelqu’un d’important en lien avec le bailleur. Il m’a dit qu’il toucherait un mot pour moi, et j’ai compris qu’il fallait… que je fasse ce que j’ai fait. Je suis passée sous le bureau et on a couché ensemble. »
Lorsqu’on l’interroge sur son consentement, elle déclare avec émotion :
« Vous me demandez si j’étais consentante à ces relations sexuelles ? Je ne sais pas quoi penser. […] Il ne me plaisait pas du tout. Oui, c’était sous la contrainte du logement que je l’ai fait, exactement. »
Le sénateur conteste fermement les accusations
Francis Szpiner, aujourd’hui sénateur et avocat de profession, nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. Il reconnaît avoir été contacté via les réseaux sociaux par une jeune femme en situation de grande précarité, affirmant avoir été victime de viol et sans abri. Touché par son récit, il aurait alors transmis son dossier à son adjointe aux affaires sociales, ce qui aurait permis l’attribution rapide d’un logement. Il affirme ne pas l’avoir revue ensuite et réfute tout échange sexuel.
« Je démens toute corruption. Je n’ai jamais accordé de logement social contre des faveurs sexuelles », a-t-il déclaré à BFMTV. Il indique également avoir remis aux enquêteurs l’intégralité de leurs échanges par SMS.
Le parquet de Paris poursuit ses investigations. Aucun placement en garde à vue ni audition formelle de l’élu n’a encore eu lieu à ce jour.
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