Jacques Attali s’inquiète : « Marine Le Pen peut être élue dans moins de quatre semaines »

Politique

mise à jour le 09/04/22

L’homme au pouvoir depuis quarante ans, Jacques Attali, a vu passer tous les présidents depuis Mitterrand. Aujourd’hui, le monde est bouleversé par le covid et la guerre en Ukraine risque de redistribuer toutes les cartes. Joe Biden appelle à diriger le nouvelle ordre mondiale qui semble lui échapper au profit de la Chine et la Russie.


C’est dans ce climat que l’homme en noir s’inquiète pour sa vision du monde : « Les restaurants ne sont pas uniquement un lieu de consommation alimentaire. Ils sont, avec le repas familial, les lieux principaux de la conversation, et de la transmission. Or, les pouvoirs, dans toutes les sociétés, n’aiment pas que les gens bavardent en mangeant : ils y échangent des informations ; ils y discutent de sujets politiques ; ils y organisent des coalitions ; tout cela hors du contrôle du pouvoir, qui ne sait rien de ce qui s’y dit ; très dangereux pour lui. »

Et pour que les discutions cessent, que le contrôle soit total, Attali soutient son poulain Macron, celui qu’il a façonné : « Emmanuel Macron ? C’est moi qui l’ai repéré. C’est même moi qui l’ai inventé. Totalement. A partir du moment où je l’ai mis rapporteur, où il y avait Tout-Paris et le monde entier et où je ne l’ai pas éteint, il s’est fait connaître. C’est la réalité objective. » Citation tirée du livre d’Anne Fulda, « Emmanuel Macron. Un jeune homme si parfait  », Plon, Paris, 2017. 

L’ancien banquier, viré de sa propre banque pour cause de gestion douteuse, n’en mène plus large sur son site et annonce la possible victoire de Marine Le Pen :

La réélection d’Emmanuel Macron est loin d’être acquise, et que celle de Marine Le Pen est parfaitement possible. Pour au moins quatre raisons :

  1. Aucun président n’a été réélu sans cohabitation ou après un mandat de 5 ans ou s’il a été élu la première fois où il s’est présenté. Emmanuel Macron remplit ces trois conditions.
  2. Au moins deux candidats considérés comme élus d’avance (Valéry Giscard d’Estaing et Lionel Jospin) ont été battus par surprise, c’est-à-dire par l’abstention de leur camp.
  3. Après le dégagisme soft, dont Emmanuel Macron a bénéficié en 2017, peut venir le dégagisme hard, contre lui ; comme la Convention est venue après la Constituante. L’alliance de tous contre le sortant peut, encore une fois, jouer à plein.  Et réussir.
  4. Le discours de l’extrême droite n’est plus diabolisé. Alors qu’il y a cinq ans, Marine  Le Pen apparaissait comme une incompétente extrémiste, elle se pose aujourd’hui en experte  modérée ; plus acceptable, plus légitime, plus raisonnable qu’un Éric Zemmour, qui lui sert de repoussoir et attire vers elles des voix modérées.

Sans revenir sur les  frustrations,  les déceptions, les colères  qu’Emmanuel Macron et sa politique, ont pu  provoquer, il est temps d’affronter la réalité : Marine Le Pen peut être élue dans moins de quatre semaines.

Et pour faire peur aux Français, Attali annonce le cataclysme si Marine arrive au pouvoir, puisqu’elle donnera tout l’argent aux riches (Macron a déjà fait le gros du boulot), ce sera l’hécatombe sur l’Europe, la culture, la justice, la sécurité et l’Otan… Le même qui nous annonçait un retour de la France glorieuse avec Macron nous prédit l’enfer avec Marine. A la lecture du pouvoir profond, tout est inversé et ce qui n’est pas bon pour eux, l’est pour le peuple. Attali annonçait une femme comme présidente, ce ne sera pas Audrey Tcherkoff ni Valérie Pécresse, mais peut-être Marine le Pen.

L’imagination d’Attali et sa vision du monde ne sont pas celles que veulent les Français — « On peut imaginer que chaque individu accepte volontairement ou sans le savoir, une puce en lui qui contiendrait toute une série d’informations le concernant. » Public Sénat, émission Conversation d’avenirs du 8 novembre 2008.

Pour se rafraîchir la mémoire :


Le Média en 4-4-2.

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