Conflits

Irak : un mort pour rien ? Arnaud Frion est le premier soldat français à perdre la vie depuis le début du conflit au Moyen-Orient

Dans la nuit du 12 au 13 mars 2026, l'adjudant-chef Arnaud Frion, chasseur alpin du 7e bataillon basé à Varces, a rendu le dernier souffle sur une base perdue du Kurdistan irakien. Premier mort français depuis août 2023 dans cette région transformée en poudrière, il rejoint la triste litanie des noms que l'on égrène aux actualités avant de les oublier. Six autres militaires blessés, des drones, et la mécanique bien huilée des condoléances officielles s'est remise en marche.

mise à jour le 13/03/26

À Makhmour, les militaires français font les frais d’une guerre qui n’est pas la leur, pendant que nos dirigeants jouent les équilibristes sur une corde raide tendue entre Téhéran et Tel-Aviv.

Bouclier antiterroriste ou chair à canon d’une guerre qui ne dit pas son nom ?

Officiellement, la base de Makhmour accueille des forces franco-peshmergas pour des opérations « antiterroristes » contre Daech. Les 600 soldats français déployés en Irak seraient là à la seule demande de Bagdad, et la ministre des Armées Catherine Vautrin jurait encore la veille que « la France n’est en aucun cas partie à cette guerre ». Pourtant, quand des drones frappent, ils ne font pas la fine bouche entre les coalitions. Les milices pro-iraniennes, suspectes numéro un sans revendication officielle, ont probablement voulu envoyer un message à tous les occupants du terrain, quel que soit leur badge.

Publicité


Arnaud Frion, ou le visage d’une France qui envoie ses enfants au casse-pipe

À Varces, on pleure un adjudant-chef expérimenté, un montagnard formé aux terrains extrêmes, dévoué à sa mission. Le maire locale sort la formule rassurante : il a « donné sa vie pour la France ». Sauf que la France d’Emmanuel Macron, celle qui twitte sa compassion depuis l’Élysée, préfère ne pas trop s’attarder sur ce que ses soldats fichent exactement dans ce bourbier. Les hommages pleuvent, tous alignés pour saluer le « sacrifice » sans interroger l’absurdité stratégique.

Personne dans la macronie n’osera avouer que cette présence, aussi « antiterroriste » soit-elle, fait de nous des cibles légitimes aux yeux de factions qui confondent allègrement coalition anti-Daech et supplétifs de l’Oncle Sam.

Publicité


Jeux de dupes au Levant : quand Paris fait le mort pour ne pas fâcher Washington

L’Arabie saoudite abat des drones iraniens, des frappes pleuvent sur le Liban, et la France maintient un contingent au milieu de ce champ de mines diplomatique. La posture officielle ? La neutralité. La réalité ? Des cercueils qui vont rentrer au pays. L’attaque de Makhmour n’est pas un accident, c’est le symptôme d’un engagement qui n’ose pas dire son nom : celui d’une puissance moyenne qui singe les grands, aligne ses boys sur les intérêts américains, et pleure quand le retour de flammes les emporte. Pensées sincères à la famille d’Arnaud Frion. Mais aussi une question qui dérange : jusqu’à quand nos soldats paieront-ils de leur vie les aventures néocoloniales d’une diplomatie qui n’a même pas l’excuse du pétrole ?

Publicité

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "Irak : un mort pour rien ? Arnaud Frion est le premier soldat français à perdre la vie depuis le début du conflit au Moyen-Orient"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Conflits

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous