L’auteur de « Hollywood, arme de propagande massive » décortique ce soft power décomplexé qui, sous couvert de divertissement, façonne les perceptions. Il souligne cette schizophrénie géniale : une capacité d’autocritique interne couplée à une représentation de l’« ennemi » d’une parfaite mauvaise foi, réécrivant allègrement l’Histoire.
« Imaginez une minute qu’on fasse un film comme ça sur l’Algérie. On renvoie en Algérie un ancien combattant [français] qui va tuer 76 Algériens. Vous imaginez le scandale politique que ça ferait ? Là-bas, on vous explique que c’est un très bon film. »
L’exemple de Rambo, où un vétéran massacre allègrement des dizaines de Vietnamiens pour une cause perdue qu’il rend glorieuse, en est la parfaite illustration – un scénario inconcevable dans tout autre cinéma national. Preuve selon lui que le rêve américain se construit aussi sur la mort des autres, magnifiée au montage.
Pas encore de commentaire sur "Hollywood : La machine à laver l’Histoire – Pierre Conesa"