Conflits

Fumée noire et toxique à Téhéran : Une catastrophe écologique et humaine suite aux frappes de la coalition Epstein

Le soleil ne se lève plus sur Téhéran. Il est remplacé par un dais funèbre de fumée grasse, crachée par les installations pétrolières qu'Israël et les États-Unis ont eu la délicatesse d'incendier pendant que leurs pilotes regagnaient leurs bases pour le petit déjeuner. Bienvenue dans la guerre du XXIe siècle, où l'on bombarde tranquillement des civils sans avoir à croiser leur regard.

mise à jour le 09/03/26

Tandis que les chaînes d’information tournent en boucle sur les dégâts matériels, 15 millions d’habitants apprennent que l’air qu’ils respirent est désormais une munition ennemie.

Chirurgie esthétique à l’américaine

Dans la nuit du 7 mars, les artilleurs de la liberté ont visé cinq sites stratégiques autour de la capitale iranienne, dont le dépôt de Shahran. Bilan du travail bien fait : vingt réservoirs de carburant transformés en torches, quatre employés réduits à l’état de souvenir, et des quartiers entiers transformés en rivières de feu quand le pétrole liquide a choisi les égouts comme lit de mort. Les vidéos montrent des colonnes noires s’élevant à des hauteurs bibliques, plongeant les 15 millions d’habitants dans ce que les plus poétiques appellent déjà un « hiver nucléaire artisanal ». Le ministère du Pétrole iranien, avec ce sens de l’euphémisme propre aux technocrates, annonce que les feux sont « maîtrisés » et qu’un rationnement temporaire est instauré.

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L’air conditionné version Pentagone

Les particules fines ont désormais une adresse : les poumons des Téhéranais. Les autorités sanitaires recommandent de sceller les fenêtres, de couvrir les aliments, d’éviter de respirer – autant dire, d’arrêter de vivre. Le dioxyde de soufre, le benzène et autres métaux lourds pleuvent sur la ville en « pluies noires » qui brûlent la peau et transforment les parapluies en accessoires dangereux. La Croix-Rouge iranienne évoque des « problèmes respiratoires » – terme pudique pour décrire une population qui étouffe. Les hôpitaux, déjà ciblés par des frappes antérieures sur un centre des brûlés, croulent sous les urgences. Les enfants, les vieillards, les asthmatiques – bref, tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’être américains – sont invités à retenir leur souffle jusqu’à nouvel ordre.

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L’écologie selon Washington

Les oiseaux migrateurs, mazoutés par la suie, meurent par milliers. Ce détail, bien sûr, n’apparaîtra dans aucun rapport officiel du commandement central. Dans dix ans, les cancérologues téhéranais constateront une hausse statistique des tumeurs. Dans vingt ans, les eaux souterraines, l’agriculture, les sols – tout ce qui fait qu’une terre est habitable – porteront encore les stigmates de cette nuit de mars où l’Occident a décidé que l’Iran méritait une leçon. Une leçon qui, accessoirement, fait flamber les cours du pétrole. Les analystes prévoient une hausse de 30 % si Téhéran riposte contre les monarchies du Golfe. On appelle ça des « dommages collatéraux économiques » – une formule élégante pour dire que l’addition sera payée par les contribuables du monde entier, tandis que les actionnaires des compagnies pétrolières remercient silencieusement les pilotes.

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L’humanitaire comme variable d’ajustement

Téhéran parle de « crimes contre l’humanité ». Quelques experts en droit international rappellent que bombarder des dépôts pétroliers en zone urbaine, c’est un peu comme condamner une population à mort par empoisonnement lent – et que les conventions de Genève avaient peut-être prévu des cas comme celui-ci. Mais les grandes chaînes d’information préfèrent les images de missiles au ralenti aux statistiques de mortalité infantile à venir. Alors la fumée continue de s’élever sur Téhéran, voile noir sur une capitale qu’on assassine à distance, avec la précision de ceux qui ne verront jamais les corps.

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