Alors que le pays sombrerait dans une « dépression » que nos lecteurs n’ont pas les moyens de se payer, le député (in)soumis François Ruffin a lancé un appel pour un « Puy du Fou de gauche ». Une idée révolutionnaire, à défaut d’être originale, qui vise à « relever le pays par un horizon commun ». Nous avons donc imaginé de toutes pièces une équipe de scénaristes en pleine création et dévoilons ici les attractions phares de ce futur (et espérons-le hypothétique) haut lieu de la lutte des classes en loisirs.
Il nous faut un Puy du Fou de gauche.
Oui, un spectacle, comme la cérémonie des JO, qui porte un récit national. Avec nos pages sombres, mais aussi nos lumières, et dont nous sommes fiers.
Notre pays est en dépression. Nous ne le relèverons pas seulement par les fiches de paie,… pic.twitter.com/5iJCAjPGtZ
— François Ruffin (@Francois_Ruffin) January 22, 2026
Le Spectacle Phare : « La Prise de la Bastille (version inclusive et écologique) »
Une reconstitution grandeur nature où les sans-culottes, soigneusement sélectionnés par un comité de diversité de genre et d’origine, prennent d’assaut la forteresse. Particularité : la Bastille est symboliquement construite en polystyrène recyclé et les canons tirent des confettis de tracts syndicaux. « Nous voulions montrer la violence structurelle de l’Ancien Régime sans traumatiser le public, tout en favorisant le tri sélectif des archétypes contre-révolutionnaires », explique un metteur en scène diplômé de Sciences-Po.
La Grande Parade : « Le Cortège des Luttes Qui N’En Finissent Pas »
Chaque soir, un défilé de chars allégoriques traverse le parc. On pourra admirer le char « Nuit Debout 2.0 » (avec une maquette géante de la Place de la République et des acteurs qui débattent en boucle du sens du mot « horizontalité »), suivi du char « Les Jaunes : De la Colère Populiste à la Déroute Conspiratrice d’Extrême-Droite.». Le clou du spectacle est le char « La Convergence des Catalogues de la Fête de l’Humanité », un monstre de 15 mètres de long qui distribue des saucisses végétales et des badges « ACAB » (« All Cops Are Bastards » : « Tous les flics sont des bâtards ») en origami.
L’Attraction Interactive : « Le Grand Débat National »
Les visiteurs sont invités à s’asseoir en cercle dans une reconstitution d’une mairie de sous-préfecture et à discuter de la réforme des retraites. L’objectif ? Parvenir à un consensus en 45 minutes, sous la menace symbolique d’un gendarme en tenue de CRS qui distribue des amendes pour « argument néolibéral ». Un parcours émotionnel intense, avec une sortie par la boutique de souvenirs « La Décroissance Heureuse » (vente de mug en terre crue et de slips en chanvre).
Le Spectacle Nocturne : « Nos Pages Sombres, Mais En Chanson »
Ruffin insiste : il faut aussi montrer « nos pages sombres ». Le parc propose donc un son et lumière sur la collaboration, où le rôle de la SNCF est joué par des marionnettes géantes de capitalistes aux dents longues, tandis qu’une chorale d’enfants chante « Le Chant des Partisans » en langue des signes. « C’est pédagogique, décolonial et ça évite de nommer directement Pétain, pour ne pas diviser le public », précise le directeur artistique.
Le « Horizon Commun » : Boutique et Restauration
Exit les épées de chevalier et les hennins. À la boutique « La Gueuse », on trouvera des reproductions de la pétition contre la réforme des retraites, des peluches « Karl Marx en mignon » (avec une barbe hypoallergénique) et des sweat-shirts « Je suis la nuance » en coton équitable. Au snack « La Canicule Sociale », on dégustera des frites « issues de la réappropriation des moyens de production » et un burger « végan et fier de l’être », servi dans un pain au levain produit par une SCOP de la Creuse.
La polémique qui monte :
Déjà, des critiques s’élèvent. La droite accuse le projet de « réécriture gauchiste de l’Histoire ». La gauche de la gauche l’accuse de « récupération marchande des luttes ». Et le centre trouve que « le projet manque de vision ambitieuse pour l’Europe ». Ruffin, lui, se frotte les mains : « S’ils sont tous mécontents, c’est que nous sommes sur la bonne voie. Le spectacle commencera à la première grève générale reconductible disponible. »
L’horizon commun sera-t-il assez large pour contenir toutes les chapelles ? Réponse à l’ouverture, prévue quand le capitalisme aura rendu l’âme, ou à défaut, quand les subventions européennes seront tombées.
Le puits sans fond des fous existe déjà : c’est l’ensemble de la gauche !