Religion

En Corse, la croix de Quasquara défie la République et sa laïcité

À Quasquara, soixante âmes et une croix. Ce modeste village de Corse-du-Sud est devenu, depuis octobre 2025, l'épicentre d'une querelle qui transcende ses frontières : la place des symboles religieux dans l'espace public. Ce qui n'était qu'un simple calvaire de bois a muté en un véritable champ de bataille idéologique, où s'affrontent sans nuance la fragile identité corse et le dogme intransigeant de la laïcité républicaine.

mise à jour le 22/10/25

On préfère déboulonner les croix que d’affronter les vrais problèmes ; la laïcité devient l’alibi d’un effacement identitaire.

Genèse d’un conflit

En 2022, Paul-Antoine Bertolozzi, maire de la commune, fait ériger une croix à l’entrée du village. Il ne s’agirait, selon ses dires, que de restaurer un ancien calvaire, jadis répertorié au cadastre de 1880 et disparu depuis. Un acte de piété patrimoniale, en somme.

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Cette initiative ne passe pas. Une octogénaire, résidant sur place depuis une vingtaine d’années, saisit le tribunal administratif de Bastia. Elle invoque la loi de 1905, qui proscrit l’affichage de signes religieux sur les emplacements publics, sauf exceptions strictes. Le 10 octobre 2025, la justice lui donne raison. Elle estime que le maire n’apporte pas la preuve formelle d’une continuité historique avec un calvaire antérieur. La croix est donc illégale. Si la décision n’ordonne pas son retrait physique, elle en condamne la présence sur le domaine public.


Le choc des légitimités

Le procès n’est que la partie émergée d’un conflit bien plus profond.

D’un côté, le maire et ses partisans brandissent l’étendard de l’identité. Ils voient dans cette croix un élément constitutif du paysage culturel insulaire, bien plus qu’un simple objet de dévotion. Ils dénoncent un « laïcisme » agressif, importé par une minorité, qui voudrait gommer les traces visibles de la foi en Corse. Des associations comme S.O.S Calvaires appuient cette lecture, défendant un patrimoine rural et mémoriel.

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Face à eux, les défenseurs de la laïcité, silencieux en nombre mais forts du droit, campent sur la Constitution. Pour eux, la République est indivisible et neutre. Une croix érigée en 2022 sur un terrain communal, sans preuve historique irréfutable, est une entorse inacceptable à ce principe. La décision du tribunal n’est que l’application stricte d’une loi séculaire.



Une île en émoi

L’annulation judiciaire a mis le feu aux poudres. Une pétition dépasse les 42 000 signatures. Des banderoles hostiles apparaissent : « Enlever la croix, c’est effacer la Corse ». Des lycéens manifestent à Sartène, Corte et Bastia, scandant « Terra corsa, terra cristiani ». Le syndicat Ghjuventu Indipendentista réunit ses troupes au pied du symbole contesté. Même le paysage politique local, pourtant fragmenté, semble se fédérer autour de la croix, évoquant la création d’un fonds privé pour racheter le terrain.

Laurent Marcangeli (Horizons) apporte son « soutien total » au maire. Gilles Simeoni, président du conseil exécutif corse, fustige une interprétation « laïcisée, rigide et conflictuelle ». Seul l’évêque d’Ajaccio, le cardinal Bustillo, appelle à l’apaisement, rappelant que « la croix, on la sert, on ne s’en sert pas ». Dans l’ombre, la plaignante subit des pressions, illustration des passions déchaînées par l’affaire.

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Impasses et perspectives

À ce jour, la croix demeure, immuable. Le maire, épuisé mais tenace, explore les voies de recours et étudie des subterfuges juridiques, comme la privatisation du lopin de terre. Le préfet promet un « accompagnement » dans le respect du droit. La situation est en suspens, mais le débat, lui, continue de vitupérer, révélant les fractures béantes entre Paris et Ajaccio, entre la loi universelle et les particularismes locaux.

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1 commentaire sur "En Corse, la croix de Quasquara défie la République et sa laïcité"

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  1. La privatisation du lopin de terre n’est pas la solution . Cette croix devient un symbole de la résistance face au satanisme . Qu’un tribunal valide un délire gauchiste en donnant raison à une seule hystérique face à toute une ile, tout un peuple, en lui ordonnant d’effacer sa culture, ses traditions, sa foi et la base de son identité n’est pas acceptable pour nous . Le maire est dans une situation délicate mais il a avec lui la quasi totalité des corses . Il y a des choses qui ne sont pas négociables et s’il faut défendre cette croix par la force , alors nous sommes prêts .

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