Justice

Condamnation historique : L’ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont condamné à 6 ans de prison ferme pour financement du terrorisme

Bruno Lafont, l’ex-PDG de Lafarge, a pris six ans ferme, menottes au palais de justice, pour avoir généreusement arrosé l’État islamique, al-Nosra et al-Qaïda. Le tribunal correctionnel n’a pas goûté ses excuses humanitaires.

mise à jour le 14/04/26

Financement de tueurs, incarcération immédiate : la justice frappe fort, mais l’hypocrisie politique, elle, ne bronche pas.

Mains propres, profits sales

L’entreprise (désormais suisse, quelle coïncidence) écope de l’amende maximale : 1,125 million d’euros, soit le prix d’une ligne de production d’occasion. Huit anciens cadres suivent, dont Christian Herrault (cinq ans, départ immédiat). Total : une petite dizaine de coupables pour un système organisé, opaque et très rentable.

2013-2014 : l’année où Lafarge a choisi son camp

En pleine guerre syrienne, la cimenterie de Jalabiya tournait grâce à 5,6 millions d’euros versés à l’EI, au Front al-Nosra et à d’autres égorgeurs de passage. Motif officiel : protéger le personnel. Motif réel : ne pas perdre un rond. La présidente Prévost-Desprez a parlé de « mauvaise foi » et de « lâcheté ». C’est poli.


Une première qui fait tâche

Première condamnation en France d’une personne morale française pour financement du terrorisme. Le parquet antiterroriste avait requis moins lourd. Le tribunal a choisi la fermeté, sans doute pour faire oublier qu’on reçoit désormais à l’Élysée ceux qui ont encaissé les chèques. Les États-Unis ont déjà infligé à Lafarge 778 millions de dollars d’amende pour financement du terrorisme (en dollars, ce qui soumet l’entreprise à la Justice américaine).

Appel et mauvaise conscience

Me Laffont crie au « jugement excessif ». Lafont, 69 ans, jure qu’il n’avait pas le choix. Si, Bruno : arrêter la production. Mais le fric, c’est plus fort que la morale.



Paradis pour les uns, prison pour les autres

L’affaire avait éclaté en 2017. Depuis, les réseaux sociaux hésitent entre l’indignation (peine trop clémente) et le fatalisme. Mais le vrai scandale, absent des débats, s’appelle Ahmed al-Charaa. Ex-al-Joulani, chef du Front al-Nosra, artisan de massacres sectaires (Qalb Loze, Damas), tortionnaire à gages. Celui-là même qui a touché l’argent de Lafarge. Aujourd’hui, il est président intérimaire de la Syrie, reçu par Macron en mai 2025 et par Trump en novembre 2025. Sanctions levées, tapis rouge déroulé.

À suivre, si on a encore un peu de dignité

Appel possible dans dix jours. Mais qu’on ne vienne pas pleurer sur Bruno Lafont tant que son ancien partenaire djihadiste dîne aux frais du contribuable occidental.

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