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Assassinat d’Alain Orsoni : Une figure du nationalisme corse tombe lors des obsèques de sa mère

Le 12 janvier 2026, dans le cimetière de Vero, un coup de feu a rompu le silence des prières. Alain Orsoni, 71 ans, ancienne figure du nationalisme corse, s’est effondré, tué sur le coup par un tir de précision. Il assistait aux funérailles de sa mère. L’enquête, confiée au parquet d’Ajaccio et à la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), vise un assassinat en lien avec une organisation criminelle.

mise à jour le 14/01/26

Pour ses ennemis, les obsèques de sa mère étaient l’occasion idéale. Ils ne l’ont pas manquée.

La précision du tueur

« Un coup de feu, et Alain est tombé », a décrit le prêtre officiant, témoin d’une scène aussitôt plongée dans la panique. Le tireur, posté en hauteur et à distance, a disparu sans laisser de traces. Ce mode opératoire, caractéristique des exécutions ciblées, réveille la crainte des règlements de comptes dans une île où la violence liée aux clans criminels demeure endémique.

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Un itinéraire entre politique et crime

Né à Ajaccio en 1954, Alain Orsoni a suivi des études de droit et d’économie à Paris avant de s’engager dans le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) dans les années 1970. Il devient alors l’un des chefs de cette mouvance indépendantiste prônant la lutte armée. Recherché par la justice française pour son implication présumée dans des attentats, il fuit en 1998 pour une cavale de dix ans en Amérique latine et en Espagne.

La reconversion opaque

Durant son exil, il se reconvertit dans les affaires, gérant notamment des intérêts dans le secteur des machines à sous et tissant des liens avec des réseaux criminels, comme celui de Thierry Castola à Barcelone. De retour au pays en 2008, il échappe de justesse à une tentative d’assassinat fomentée par le gang rival du Petit Bar. Il tente alors une mue publique en prenant la présidence du club de football l’AC Ajaccio, de 2008 à 2015, sans parvenir à se défaire de son passé.

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Le poids des procédures judiciaires

Son nom revient sans cesse dans les prétoires. Suspecté en 2009 dans l’assassinat de son ancien associé Thierry Castola, il bénéficie d’un non-lieu. En 2015, il comparaît dans le procès dit « Orsoni », accusé d’association de malfaiteurs en lien avec la « génération cocaïne ». Les magistrats le dépeignent comme un « grand ancien » faisant le pont entre nationalisme et grand banditisme, mais il est acquitté. L’assassinat de son frère Guy en 2018 et diverses enquêtes sur des trafics maintiennent son nom dans l’ombre des affaires criminelles.



Les pistes d’une vendetta

Le parquet d’Ajaccio, dirigé par Nicolas Septe, a ouvert une information judiciaire pour assassinat en bande organisée. Les investigations s’orientent vers d’anciens rivaux, notamment des membres rescapés du gang du Petit Bar, ou vers des conflits liés à des trafics actuels. Alors que les analyses balistiques et les perquisitions sont en cours, la Corse s’interroge : cette exécution marque-t-elle le début d’un nouveau cycle de violences ? La mort d’Alain Orsoni, dans le lieu même du deuil familial, clôt un parcours qui incarna, jusqu’à son terme, les ambiguïtés et les fractures de l’île.

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