Après avoir interdit l’entrée de la salle d’attente aux non-vaccinés, un cabinet médical vandalisé

Santé

mise à jour le 02/02/22

Faits divers du 18 janvier : « Tags sur le cabinet médical d’Émagny les gendarmes enquêtent. Une plainte a été déposée lundi en gendarmerie pour des dégradations commises sur la porte du cabinet médical de la commune d’Émagny. Les faits ont été commis durant le week-end. Selon le maire de la commune, rien ne permet de dire que ces tags ont été écrits par des militants de la cause anti-vaccin souhaitant prendre des professionnels de santé pour cible. » Comment comprendre cette déclaration du maire ?


Pourquoi ces médecins seraient-ils la cible de militants anti-vaccination ? Rien ne permet de le comprendre dans la presse locale. En revanche Le Média en 4-4-2 vous a donné l’explication dans un article du 11 janvier 2022. Si les autorités avaient alors réagi, il est probable que les tags ne seraient pas apparu. Si vous voulez le lire, c’est là. En voici des extraits :

« Une photo circulant sur les réseaux sociaux montre une salle d’attente avec des photocopies affichées sur lesquelles il est stipulé : “Les personnes non-vaccinées n’entrent pas en salle d’attente”. Une fin de non-recevoir qui n’est en rien scientifique ni légale. Ce professionnel de santé assume totalement cet affichage et l’interdiction envers une partie de la population. »

L’omerta à tous les niveaux

A Émagny, omerta locale, omerta nationale, omerta de l’Ordre des médecins. Conséquences : l’expression s’est faite murale. On a bien cherché dans les faits divers récents, mais on n’a trouvé que ça : « L’atelier rue des arts organise des stages de dessins et de manga. » Certains artistes en herbe n’ont-ils pas eu la patience d’attendre l’ouverture des cours ? Peu probable. En revanche, si on pense que les chiens écrasés reflètent la société dans son ensemble, le fait divers d’Émagny prend son sens. Il est la conséquence des mesures sanitaires. Le Dr Didier Paris de Lons-le-Saulnier se défend ainsi : « Malgré tout je m’interroge : à l’hôpital, ils demandent bien le pass sanitaire. Ils semblent donc exister deux déontologies différentes, ce qui me surprend. »
De même qu’un fait divers peut alerter d’un dysfonctionnement national, le raisonnement d’un délinquant peut poser une question intéressante. L’hôpital, remarque-t-il, a, vis à vis des patients non-vaccinés, le même comportement que lui. Oui, mais… si un meurtre individuel est qualifié d’assassinat par les tribunaux, les meurtres en masse par une armée peuvent valoir une décoration. Question de point de vue.
Revenons à Émagny. Le conseil de l’Ordre des Médecins n’a pas fait son devoir. Faute de dépôt de plainte ou faute d’un article dans un journal national ? La police va enquêter pour des tags, mais pas pour refus de soins. Une fois de plus tout est à l’envers et l’important reste masqué par la rubrique Faits divers.

Ce n’est pas la première affaire de refus de soins

Voici ce que rapporte la presse locale : « À Lons-le-Saunier, le docteur Didier Paris, l’un des plus anciens en activité sur le secteur avec 36 ans d’exercice, est au cœur d’une polémique nationale, qui sans la puissance des réseaux sociaux, aurait pu rester locale. Mi-décembre 2021, à Lons-le-Saulnier, le Dr Didier Paris, placardait sur la porte de son cabinet une affiche indiquant “Les patients non vaccinés ne sont plus autorisés à rentrer dans le cabinet – sauf urgence absolue”. Depuis quelques jours, les choses ont dérapé [NLDR : quand les délits sont connus, ils dérapent ; quand c’est l’omerta, ils ne dérapent pas…] après que l’affiche se soit retrouvée sur les réseaux sociaux et ait été massivement partagée, un article du Figaro intitulé “Qu’on cesse de les réanimer” : chez les soignants, le serment d’Hippocrate à l’épreuve des antivax” et publié le jeudi 6 janvier 2022, a fait l’effet d’une caisse de résonance. Le Dr Didier Paris explique : “Mais au bout de deux jours, je l’ai retiré après un appel de l’Ordre des médecins du Jura, qui m’indiquait que cette affiche commençait à faire beaucoup de bruit sur Internet, et que je n’étais pas autorisé à afficher ce genre de propos.” » Donc rappel à l’ordre et à la déontologie. Fin de l’histoire.

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.

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