Portrait d’un enseignant engagé
Né en 1991, Pierre Gentillet est un ancien étudiant de Paris 1, aujourd’hui avocat en droit des affaires et chroniqueur sur CNews. Son parcours militant est assumé : cofondateur en 2014 du syndicat étudiant souverainiste La Cocarde Étudiante, il s’est présenté aux législatives de 2024 sous l’étiquette du Rassemblement National. Il a également présidé le Cercle Pouchkine, think tank critique envers l’alignement atlantiste. Depuis près de neuf ans, il enseigne le droit et la philosophie du droit. Ses étudiants et pairs soulignent sa rigueur pédagogique et sa neutralité en classe, notant qu’il sépare son militantisme de ses fonctions d’enseignement.
Depuis avant-hier, jeudi, je fais face à une violente campagne de menaces et de harcèlements destinée à obtenir mon renvoi de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, où j’enseigne depuis bientôt neuf ans.
Chargé de travaux dirigés, puis conférencier en amphi, j’y ai donné, au… pic.twitter.com/MNaBJAcCN9
— Pierre Gentillet (@Pierre_GTIL) October 25, 2025
Le déroulement d’une cabale
L’offensive débute le 23 octobre 2025, lorsque le site trotskyste Révolution Permanente publie un article dénonçant la présence d’un « prof d’extrême droite » à la Sorbonne. Dès le lendemain, des syndicats étudiants comme Le Poing Levé et le Syndicat Alternative Paris 1 emboîtent le pas. Ces derniers diffusent un communiqué sur les réseaux sociaux exigeant que Pierre Gentillet « dégage », avant d’utiliser la messagerie interne de l’université pour relayer leur campagne à des milliers d’étudiants. L’enseignant est submergé de messages injurieux et de menaces, au point de craindre pour sa sécurité. Cette situation n’est pas inédite : après sa candidature aux législatives, l’université lui avait déjà retiré ses enseignements, l’obligeant à les dispenser sous le nom de sa mère pour poursuivre sa vocation.
La liberté académique en question
L’affaire soulève une question fondamentale : celle de la liberté d’enseigner. Pierre Gentillet affirme n’avoir jamais mêlé ses convictions à son enseignement, une position corroborée par ses étudiants. Aucun manquement professionnel n’est relevé contre lui ; seules ses opinions sont mises en cause. Ce procès en idéologie, qui épargne les enseignants ouvertement engagés à gauche, s’apparente à une forme de maccarthysme. Défendre son droit à enseigner, c’est défendre le pluralisme indispensable à la vitalité intellectuelle des universités, qui ne sauraient devenir le fief d’une seule pensée.
L’intolérance comme méthode
Le paradoxe est saisissant : des groupes se réclamant de l’antifascisme recourent à des pratiques autoritaires – délation, harcèlement, appel au bannissement – pour parvenir à leurs fins. Cette stratégie d’intimidation, qui vise à instaurer une hégémonie culturelle par la peur, gangrène le débat et encourage l’autocensure. Elle témoigne d’une hypocrisie profonde : la tolérance est brandie comme un étendard, mais refusée à ceux qui pensent différemment. La réussite d’une telle entreprise créerait un précédent désastreux, ouvrant la voie à d’autres chasses aux sorcières.
Un enjeu qui dépasse l’université
L’affaire Gentillet constitue un test pour l’institution universitaire. La responsabilité de l’Université Paris 1 est de garantir la sécurité de ses enseignants et de préserver l’espace académique des pressions idéologiques. Face à ces dérives, la résistance passe par la réaffirmation sans équivoque des principes de liberté d’expression et de neutralité du savoir. Le sort réservé à Pierre Gentillet enverra un signal clair sur la capacité de l’Université à protéger sa mission fondamentale contre l’obscurantisme militant.
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