Celeste Amarilla avait une occasion simple : reconnaître ses propos racistes contre Kylian Mbappé, présenter des excuses claires, puis se taire. Elle a choisi l’option pelle mécanique : creuser encore, devant les caméras. La sénatrice n’a pas vraiment tenté d’éteindre l’incendie. Elle est arrivée avec un bidon d’essence, un briquet, et l’assurance tranquille de quelqu’un qui pense encore pouvoir donner une leçon.
Elle reconnaît une phrase raciste, puis se cherche une excuse générationnelle
Interrogée sur ses propos visant Mbappé, notamment ceux où elle disait qu’il n’aurait pas grandi avec du lait maternel mais en « suçant des noix de coco » et les « êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzé », Celeste Amarilla a fini par reconnaître le caractère raciste de la phrase. À la question : « Ce n’est pas de la discrimination ou du racisme ? », elle répond :
« Si, ça l’est, oui. Et je me suis rétractée, c’est pourquoi j’ai supprimé le post. »
Jusque-là, on pouvait croire à un début de retour sur terre. Mauvaise pioche. Dans la foulée, elle explique :
« Je viens d’une génération où dire “nègre de merde” était habituel. »
Sa défense tient donc à peu près à ceci : ce n’est pas vraiment elle, c’est son époque. Pratique. À ce rythme-là, on pourra bientôt accuser le calendrier d’avoir tweeté à sa place.
Pas d’excuses à Mbappé : Amarilla veut que Mbappé s’excuse auprès d’elle
Le plus fort arrive ensuite. Celeste Amarilla reconnaît une phrase raciste, mais refuse de présenter des excuses directes à Kylian Mbappé. Sa formule est limpide :
« Mbappé ne m’a pas présenté d’excuses et je n’ai pas non plus de raison de lui en présenter. »
Puis elle inverse complètement la scène. D’après elle, c’est Mbappé qui doit se rétracter : « Maintenant, lui doit se rétracter envers moi. » Elle accuse le joueur de s’en prendre à « une sénatrice de la nation paraguayenne » et même, selon elle, au Paraguay tout entier.
On résume : elle publie des propos racistes, elle reconnaît qu’ils sont racistes, puis elle explique que la victime devrait lui demander pardon. Il fallait oser. Elle l’a fait. Avec l’assurance d’une personne qui confond conférence de presse et trou noir argumentatif.
« Ne me sous-estime pas » : la menace directe à Mbappé
Celeste Amarilla ne s’arrête pas à l’absence d’excuses. Elle menace aussi le capitaine des Bleus. En conférence de presse, elle lance :
« Ne te mets pas avec les Paraguayens, Mbappé. Ici, nous avons déjà fait emprisonner Ronaldinho. »
Elle poursuit : « Ne me sous-estime pas, Mbappé. Je peux te poursuivre, engager un avocat, et ils vont te dire que, oui, je peux te gagner. » Voilà donc la ligne de défense : après l’insulte raciste, la menace judiciaire. La classe internationale, version marteau-piqueur.
La sénatrice évoque aussi une possible plainte pour « violence de genre » et « violence politique contre la femme ». Elle affirme avoir encore une action possible contre Mbappé et exige ses excuses. En clair, elle réclame réparation après avoir déclenché elle-même l’explosion. C’est audacieux. Pas intelligent, mais audacieux.
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