Idriss Aberkane le rappelle avec une ironie mordante : l’Amérique, après avoir menti sur les armes de destruction massive en Irak, financé Daech en Syrie et transformé la Libye en marché aux esclaves, s’apprête à reproduire le même scénario en Iran. Sauf que cette fois, le régime de Téhéran a enterré ses missiles hypersoniques, tandis que Washington, à court de Tomahawks et de crédibilité, envoie des troupes démoralisées et limoge des généraux en série.
Pete Hegseth, le « volatile » du Pentagone, purge l’état-major comme on vide un placard avant un déménagement forcé. Quant à Trump, après avoir promis une victoire en 24 heures et trahi ses électeurs sur toutes ses promesses, il semble désormais obsédé par une question : Pourquoi ne pas utiliser l’arme nucléaire tactique, tout compte fait ?
Pire : cette guerre, comme les précédentes, est un leurre. L’Iran, préparé depuis 40 ans, dispose du renseignement russe et chinois, d’une économie résiliente et d’alliés régionaux prêts à faire sauter les centres de dessalement des monarchies du Golfe – ces mêmes monarchies que Washington humilie publiquement, comme lorsque Trump exigea du prince héritier saoudien qu’il lui « lèche le cul » lors d’un sommet. Entre temps, le pétrodollar s’effondre, les alliés historiques se détournent, et les messianiques des deux bords – qu’ils soient évangéliques américains ou ultra-sionistes israéliens – rêvent à voix haute d’une guerre totale pour hâter la venue du Messie.
Comment en est-on arrivé là ? La réponse, cruelle, tient en un mot : l’hubris. L’Amérique, ivre de sa propre propagande, croit encore pouvoir dicter sa loi à un monde qui, de Moscou à Pékin en passant par Téhéran, a appris à résister. Et pendant que les néoconservateurs jouent aux apprentis sorciers, les peuples, eux, paient le prix – en vies brisées, en économies détruites, en espoirs trahies.
Pourtant, comme le souligne Idriss Aberkane, « il ne faut jamais perdre espoir ». Car dans ce chaos, une vérité persiste : les empires meurent toujours de leur propre excès. Et celui-ci, à force de mensonges, de massacres et de délires eschatologiques, semble bien parti pour accélérer sa chute.
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