Le réveil tardif de l’opinion américaine
Les chiffres donnent le tournis. Pour la première fois dans l’histoire des sondages outre-Atlantique, la sympathie pour la Palestine (41 %) dépasse celle pour Israël (36 %). Un séisme que Sachs commente avec la précision du clinicien : « Israël détruit méthodiquement tout ce qui lui restait de sympathie aux États-Unis et sur la planète entière. » Méthodiquement, oui. À coups de massacres de civils, de bombardements d’écoles et d’hôpitaux, d’humiliations quotidiennes en Cisjordanie. Le gouvernement israélien, cette collection de mégalomanes et d’extrémistes religieux, s’obstine dans une folie qui isole chaque jour un peu plus l’État hébreu. L’économiste prévoit même, dans les semaines à venir, une crise économique profonde comme conséquence directe de ces politiques d’un autre âge.
Tout ça pour la venue du Machia’h–«Israël est en train de se suicider» et entraîne le monde avec lui–Jeffrey Sachs
«Parce qu’il détruit tout ce qui reste de sympathie ou d’empathie aux États-Unis et partout dans le monde, constate l’ex-conseiller de l’ONU et professeur à… pic.twitter.com/p5WixEPnge
— Kompromat (@kompromatmedia) March 11, 2026
La riposte des chiens de garde
Du côté israélien, on ne décolère pas. Danny Danon, ambassadeur auprès de l’ONU, a tenté de sauver les meubles sur le plateau de Morgan : « Il est motivé par un agenda contre Israël. J’espère qu’il connaît mieux l’économie que la géopolitique. » Pitoyable tentative de discréditer un intellectuel qui, justement, maîtrise les deux.
Les leçons d’un désastre annoncé
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte où chaque jour apporte son lot d’horreurs venues de Gaza et de Cisjordanie. Jeffrey Sachs, en historien lucide, rappelle que tout aurait pu être différent : l’Initiative de paix arabe de 2002, rejetée avec mépris par Israël ; les offres de paix systématiquement enterrées au profit d’une logique de colonisation et de guerre perpétuelle. Le professeur Yaron Brook lui-même, pourtant rarement tendre avec les critiques d’Israël, admet que la politique étrangère de l’État hébreu mène à une isolation croissante. Comparer l’ONU à un « club de nations sauvages » ne changera rien au fait que l’apartheid a toujours une date de péremption.
Alors oui, Jeffrey Sachs a raison : Israël se suicide. Et le monde, fatigué de ces comédies tragiques répétées, regarde ailleurs. Ou plutôt, il regarde, mais cette fois sans la moindre once de sympathie pour le bourreau qui se prétend éternelle victime.
NDLR : Que Benyamin Netanyahou fasse durer le conflit jusqu’au génocide pour échapper à la Justice, qui le poursuit depuis 2020 pour fraude, corruption et abus de confiance, est une des explications à ce suicide collectif israélien.
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