Un clip qui en dit long sur l’état d’esprit de Tsahal
La vidéo litigieuse, publiée puis pudiquement retirée des réseaux sociaux par les FDI, alignait les poncifs du genre : avions de chasse fendant le ciel, explosions au sol et soldat vantant les mérites de l’opération « Lion Rugissant ». Cette démonstration de force, menée main dans la main avec les États-Unis le 28 février 2026, a visé des centaines de sites militaires iraniens, emportant au passage le guide suprême Ali Khamenei et provoquant les représailles prévisibles de Téhéran. Sur ces images, la ritournelle de « Take Me Out » – ce tube de 2004 dont les paroles évoquent ironiquement la visée d’un tireur – prenait des allures de mise en scène macabre. Comme le veut la tradition israélienne, on légendait le tout d’un fier « voilà comment on fait », transformant sans complexe un morceau pop en hymne à la gloire des bombardiers.
La colère froide de Franz Ferdinand
Alex Kapranos, fidèle à sa réputation de franc-parler, a vidé son sac sur Instagram. « Ces meurtriers bellicistes s’emparent de notre musique comme ils s’emparent des terres : sans demander, avec une arrogance abjecte. C’est à vomir. » Le message est clair : au-delà de la violation des droits d’auteur, c’est l’appropriation morale qui révolte le groupe. Franz Ferdinand rejoint ainsi le club grandissant des artistes associés malgré eux à la propagande israélienne – après les auteurs de « La Macarena », récemment consternés de voir leur tube servir une vidéo similaire de la Maison-Blanche, ou Radiohead, contraint d’exiger le retrait d’un clip de l’ICE utilisant « Let Down ».
Franz Ferdinand – Take Me Out
This song never dies! 💥 pic.twitter.com/JXLyJzlvKj— MP10 (@MusicPills10) March 2, 2026
Un contexte qui dépasse largement la simple querelle de droits d’auteur
Rappelons que ces « exploits » militaires célébrés en musique ont fait des victimes autrement plus concrètes que des ayants-droit mécontents : 168 fillettes ont péri dans le bombardement d’une école primaire iranienne. Benjamin Netanyahou, satisfait, a évoqué un « plan organisé avec de nombreuses surprises ». Du côté des FDI – sans doute trop occupées à préparer le prochain épisode de cette série macabre, avec ou sans bande-son autorisée — , on observe un silence poli face aux accusations du groupe.
La musique n’est pas une variable d’ajustement militaire
Franz Ferdinand, dont le premier album a bercé toute une génération, n’est pas le premier à voir son œuvre détournée, et ne sera sans doute pas le dernier. Mais sa réaction ferme rappelle une évidence que les stratèges en communication des armées préfèrent ignorer : la musique n’est pas un outil de guerre et son utilisation à des fins de propagande a des implications éthiques que même les plus beaux montages ne sauraient effacer.
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