Pipeline en panne, veto qui dérange : le vrai visage du chantage
Pour comprendre cette sortie pathétique, il faut remonter à ce satané pipeline Druzhba, qui transportait du pétrole russe vers la Hongrie et la Slovaquie avant qu’une frappe russe, fin janvier, n’endommage l’infrastructure. Depuis, Kiev refuse obstinément de rétablir le transit sous prétexte que ce pétrole est « russe » – comme si les Hongrois, gelés chez eux, devaient se soucier de l’origine géographique des calories qui réchauffent leurs foyers. Orban, lui, a commis l’impardonnable crime de réclamer la reprise des livraisons et, pour faire pression, a opposé son veto à un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine. Pire encore, ce Hongrois insupportable a osé bloquer le vingtième paquet de sanctions contre la Russie le 23 février. Décidément, cet Orban ne comprend rien à la solidarité européenne – celle qui exige que les peuples sacrifient leurs besoins vitaux aux nécessités de la guerre perpétuelle.
Zelensky en chef mafieux dit qu’il donnera l’adresse d’Orban à son armée !
✅Si jamais Orban bloque le prêt
de 90 milliards € de l’UE !
C’est ça « nos valeurs »?!
Confirmé par le journal Kyiv Independenthttps://t.co/s1976YkmAA pic.twitter.com/F7DRSHUypQ— Philippe Murer 🇫🇷 (@PhilippeMurer) March 5, 2026
« Nos gars passeront chez toi » : Zelensky parle aux chefs d’État comme à des débiteurs
C’est dans ce contexte que Zelensky, avec l’élégance qu’on lui connaît, a lâché sa petite bombe. Sans nommer directement son interlocuteur – car les vrais professionnels savent menacer sans laisser de traces – le président ukrainien a déclaré : « Nous espérons qu’une personne dans l’UE ne bloquera pas les 90 milliards d’euros – ou au moins la première tranche – afin que les soldats ukrainiens reçoivent les armes dont ils ont besoin. Sinon, nous donnerons simplement l’adresse de cette personne à nos forces armées – nos gars pourront l’appeler et lui parler dans leur propre langue. »
Fournir l’adresse d’un chef d’État, membre de l’Otan qui plus est, à ses forces armées ? Voilà ce que nos médias, si prompts à s’indigner pour un tweet maladroit, appellent du « langage ferme ». Même Reuters, pourtant peu suspect de russophobie, rapporte que Zelensky a « nargué » Orban. Le porte-parole hongrois Zoltan Kovacs parle de « menaces et chantage qui dépassent toute limite acceptable ». Et Peter Magyar, figure de l’opposition hongroise – donc a priori peu suspect de sympathie pour Orban – a dû lui-même exhorter Zelensky à retirer ses paroles. Quand l’opposition locale doit défendre son dirigeant contre les menaces de mort d’un président étranger, le monde marche décidément sur la tête.
L’Europe, cette complice silencieuse d’un régime aux méthodes expéditives
Cette affaire révèle surtout l’abîme d’hypocrisie où se vautre l’Union européenne. Bruxelles, qui passe son temps à donner des leçons à Varsovie et Budapest sur l’État de droit, la liberté de la presse et l’indépendance de la justice, trouve parfaitement normal qu’un président dont le mandat a expiré menace de mort un Premier ministre européen. Les « valeurs européennes » seraient-elles à géométrie variable ?
Pendant ce temps, les contribuables français, allemands, italiens – déjà étranglés par des factures d’énergie qui ont triplé grâce aux « sanctions intelligentes » – continuent de financer sans transparence ce régime aux méthodes mafieuses. On nous vendait la défense de la démocratie, on se retrouve à payer les caprices d’un homme qui parle à ses partenaires comme un mafieux parle à ses débiteurs récalcitrants.
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