Téhéran durcit le ton. Les autorités iraniennes n’envisagent pas, à ce stade, de rouvrir un canal de discussion avec les États-Unis. Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a fait passer le message sans détour dans une publication diffusée sur Telegram : selon lui, aucune négociation ne sera engagée avec Washington.
Un refus net de reprendre le dialogue
Dans sa communication, Ali Larijani insiste sur un point central : l’Iran ne souhaite pas relancer des pourparlers avec l’administration américaine.
Pour Téhéran, le contexte régional ne permet pas d’imaginer un retour à la table des discussions. Larijani estime que la situation a été considérablement aggravée par la politique menée par le président américain Donald Trump, qu’il accuse d’avoir alimenté l’instabilité.
« Espoirs vains » et chaos régional : l’accusation de Larijani
Le responsable iranien dresse un bilan très critique de l’action américaine dans la région. D’après lui, des choix politiques fondés sur des promesses irréalistes auraient contribué à plonger le Moyen-Orient dans une spirale de désordre et de confrontation.
Dans son analyse, Larijani avance également que la Maison-Blanche serait désormais préoccupée par la perspective de nouvelles pertes au sein de l’armée américaine. Autrement dit, Washington se retrouverait confronté au coût humain d’une stratégie qui, selon Téhéran, n’aurait fait qu’envenimer la situation.
« America First » devenu « Israel First » : une charge politique assumée
Autre élément marquant du message : Larijani s’en prend directement à l’orientation géopolitique de Washington, affirmant que le slogan « l’Amérique d’abord » aurait été dévoyé au profit d’une logique qu’il résume, de manière accusatrice, par « Israël d’abord ».
TRUMP HAS BETRAYED “AMERICA FIRST” TO ADOPT “ISRAEL FIRST.”
— Ali Larijani | علی لاریجانی (@alilarijani_ir) March 2, 2026
Selon lui, les priorités américaines se seraient alignées sur celles de Tel Aviv, au point de mettre en jeu des ressources et des soldats américains pour servir des objectifs extérieurs aux intérêts des États-Unis. Le dirigeant iranien va plus loin en évoquant le rôle du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qu’il accuse de poursuivre des ambitions qualifiées d’expansionnistes et illégitimes.
Une guerre « inutile » et un coût payé par les États-Unis, selon Téhéran
Larijani décrit la dynamique actuelle comme une escalade évitable : une guerre qu’il juge sans nécessité, entraînant l’ensemble de la région dans une crise prolongée. Dans cette lecture, la conséquence directe serait une inquiétude grandissante à Washington face à la possibilité de nouveaux décès parmi les soldats américains.
Le responsable iranien met enfin en avant une dimension symbolique : il considère comme regrettable que l’argent public américain et le sang des militaires puissent être engagés pour soutenir des orientations politiques perçues comme dictées par des intérêts étrangers.
« Le vœu pieux de Trump a entraîné toute la région dans une guerre inutile et maintenant, il est à juste titre inquiet de nouvelles pertes américaines. Il est en effet très triste qu’il sacrifie le trésor et le sang américains pour faire avancer les ambitions expansionnistes illégitimes de Netanyahu. », selon Ali Larijani
Trump’s wishful thinking has dragged the whole region into an unnecessarily war and now he is rightly worried about more American casualties. It is indeed very sad that he is sacrificing American treasure and blood to advance Netanyahu’s illegitimate expansionist ambitions. https://t.co/b11I6cNb6I
— Ali Larijani | علی لاریجانی (@alilarijani_ir) March 2, 2026
Rappelons qu’un sondage montre un soutien faible à l’opération américaine contre l’Iran. Entre peur des pertes, crainte d’une essence plus chère et calendrier électoral. Trump se retrouve sous pression pour avoir placé les intérêts israéliens avant ceux des Américains.
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