Géopolitique

Chaos au Mexique : La mort d’El Mencho provoque une vague de violence du cartel CJNG

L'étau s'est resserré à Tapalpa. L'armée mexicaine annonce avoir finalement mis la main sur Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », le parrain du Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG). Une opération « de haute voltige », diront les communicants, qui a malheureusement mal tourné pour le principal intéressé : blessé lors de l'assaut, le roi du fentanyl est décédé durant son transfert héliporté vers la capitale. Un scalp de plus à ajouter au tableau de chasse gouvernemental, mais dont la dépouille fumante risque d'empester le pays tout entier.

mise à jour le 23/02/26

L’élimination du chef du plus puissant cartel mexicain, loin de ramener le calme, a agi comme un détonateur sur un baril de poudre prêt à exploser.

Avec lui, six de ses lieutenants ont rejoint le paradis des narcos, tandis que l’État-major se félicite de la saisie d’un arsenal digne d’une guérilla. Une victoire en trompe-l’œil, financée par les précieux renseignements des cousins américains, qui a coûté quelques blessés à l’infanterie mais surtout, semble-t-il, une guerre ouverte sur le territoire.

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Les funérailles nationales du CJNG

Car le cartel n’a pas entendu l’homélie de la paix. En représailles, ses troupes ont transformé le centre-ouest du pays en un immense brasier. Du Jalisco au Michoacán, en passant par Guanajuato, des bus flambent, des stations-service explosent et des barrages routiers paralysent l’activité. À l’aéroport international de Guadalajara, la psychose a gagné les voyageurs, plaqués au sol par une rumeur de tirs. À Puerto Vallarta, les touristes, médusés, ont observé depuis le sable fin les colonnes de fumée noire s’élever au-dessus de la ville. Le gouverneur Pablo Lemus Navarro a décrété le « code rouge ». Traduction : enfermez-vous, ne sortez pas, laissez les chiens se battre entre eux. Des messages anonymes, attribués aux hommes d’El Mencho, promettent une chasse à l’homme pour quiconque osera pointer le nez dehors, à l’exception notable des enfants. Généreux.

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L’horizon bouché à l’ouest

Cet embrasement posthume tombe mal, très mal. À quatre mois de la Coupe du Monde de football, que le Mexique doit coorganiser, l’image d’un pays livré aux narcotrafiquants fait désordre. Sur les réseaux, les appels au déplacement ou à l’annulation du tournoi se multiplient. Un comble pour un pays qui espérait vendre du soleil et de la tequila au monde entier.

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Les analystes prédisent un avenir sombre. La décapitation du CJNG pourrait soit le fragmenter en une myriade de serpents plus venimeux les uns que les autres, soit offrir un boulevard au Cartel de Sinaloa pour élargir son territoire. La Garde Nationale a été déployée en renfort, mais elle semble davantage occupée à panser les plaies qu’à arrêter l’hémorragie. Une fois de plus, la mort d’un homme, aussi puissant fût-il, ne rime avec rien d’autre qu’avec le sacrifice des innocents sur l’autel d’une guerre qui n’en finit pas de finir.

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