Un scandale nommé amendement 652
Un amendement, présenté par les députés Peu, Bourouaha et Maurel, visait simplement à réintroduire une exclusion explicite : pas d’euthanasie pour la seule souffrance psychologique isolée. Rejeté. Balayé d’un revers de main. Comme si nos législateurs craignaient par-dessus tout de protéger les fragiles. Pendant ce temps, un autre amendement supprimant le caractère « constant » de la souffrance a été adopté. Traduction : il suffira désormais d’un mauvais jour, d’une annonce brutale, d’une dépression passagère pour prétendre au grand voyage éternel, pourvu qu’une pathologie organique, même stabilisée, traîne dans le dossier médical.
La ministre elle-même avait donné un avis favorable à ce garde-fou minimal. Les députés ont préféré lui rire au nez. Même les professionnels de santé, comme Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs, crient au scandale : ce texte devient « hors contrôle ». Mais qui écoute encore les soignants quand la technocratie décide du sort des âmes ?
Malgré un avis favorable de la ministre et du président de la commission,les députés viennent de rejeter l’amendement visant à exclure les souffrances psychologiques seules (dans un contexte de maladie grave) de « l’aide à mourir.
Ce texte est hors contrôle ! pic.twitter.com/bxB69Jd5JU— Claire Fourcade (@clairefourcade3) February 19, 2026
Belgique, Pays-Bas : ces modèles enviables
Nos élus progressistes, dans leur grande sagesse, entendent aligner la France sur les paradis de l’euthanasie que sont devenus la Belgique et les Pays-Bas. Là-bas, la souffrance psychique peut justifier à elle seule une injection létale. Pourquoi s’encombrer de soins quand la mort est si simple ? Ici, on a quand même eu la pudeur de maintenir l’exigence d’une affection physique grave — pour l’instant. Mais sans exclusion explicite de la souffrance psychologique isolée, le ver est dans le fruit. Les oncologues et psychiatres alertent : que deviendront ces patients qui, à l’annonce d’un diagnostic, traversent une détresse immense mais temporaire ? La tentation sera grande de leur offrir la solution définitive au lieu de soins palliatifs dignes de ce nom.
Vers la normalisation de la mort administrée
L’Assemblée votera solennellement le 24 février. Ensuite, retour au Sénat, pour un combat perdu d’avance ? Peut-être pas. Car la macronie et ses alliés de circonstance semblent déterminés à imposer leur vision d’une société où l’État décide qui a le droit de vivre ou de mourir. La loi Claeys-Leonetti de 2016, qui permettait une sédation profonde mais maintenait l’interdit de tuer, appartient déjà à un autre âge. Désormais, on veut administrer la mort comme on prescrit un Doliprane.
L' »Appel des Psy » et d’autres associations tentent encore de mobiliser, rappelant que « la mort ne peut pas être une réponse à la souffrance mentale ». Mais dans une société qui laisse crever ses vieux à l’hôpital et ses enfants dans la rue, quel poids pèsent ces scrupules ? L’autonomie individuelle, ce grand mot creux, sert ici de cache-sexe à l’abandon d’État. On ne soigne plus, on supprime. On ne soutient plus, on euthanasie.
Triste époque où la République, incapable d’assurer des soins palliatifs dignes pour tous, préfère offrir la mort comme ultime prestation sociale. Les fossoyeurs de la dignité humaine peuvent être fiers d’eux : ils viennent de franchir un nouveau pas vers le grand cimetière des civilisations qui ont oublié le prix de la vie.
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