La stratégie de l’enfant capricieux
Frédéric Aigouy dresse le portrait d’un président français s’évertuant, « avec une régularité de métronome », à être « l’un des principaux obstacles à la paix en Ukraine ». Depuis l’épisode absurde du cessez-le-feu inconditionnel de trente jours jusqu’à l’annonce fumeuse d’une « coalition des volontaires » sans contours définis, la stratégie de l’Élysée consiste à « faire patiner le processus de négociation ». Un « château de cartes » construit en bras de fer dont Macron est « incapable de définir les contours », reposant intégralement sur un soutien américain qui, seul, pourrait lui donner une once de crédibilité.
L’Europe, chair à canon du dollar
La chute du gouvernement Bayrou ne change rien à cette équation. Bien au contraire. Affaibli sur la scène intérieure, Macron se retrouve « à la merci de Donald Trump ». Or, Washington, par la voix de son secrétaire au Trésor Steven Mnuchin – « issu de la galaxie Soros » –, voit dans ce conflit l’opportunité d’« organiser sa guerre commerciale » et sa « guerre pour sauver le dollar ». La cible n’est plus tant la Russie que la Chine et l’Inde. La condition posée par les États-Unis pour soutenir le projet macronien est claire : entraîner l’Europe dans ce combat économique. L’administration Trump va donc « utiliser l’Europe comme chair à canon » dans sa bataille, et Macron, sans aucune carte en main, sera le premier à devoir s’exécuter pour tenter de sauver les restes d’une crédibilité internationale en lambeaux.
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