Une dégringolade inquiétante
Avec un taux de mortalité infantile de 4,5 ‰ chez les garçons et 3,7 ‰ chez les filles, la France est désormais distancée par la plupart de ses voisins. Alors que l’Europe continue de progresser, la France stagne. La Suède, par exemple, affiche un taux de 2,5‰, presque deux fois plus bas. Magali Barbieri, directrice de recherche à l’Ined, souligne cette inégalité : « Cette stagnation contraste avec les progrès observés ailleurs en Europe et pose un véritable défi pour notre système de santé. »
Un système de santé à l’agonie, des priorités ailleurs
Les causes de cette hécatombe silencieuse sont multiples : inégalités d’accès aux soins, prise en charge défaillante, santé maternelle négligée. Les moyens manquent. Les maternités ferment : de 721 en 2000, leur nombre est passé à 471 en 2021 (rapport de la Cour des comptes, p. 51). Près de 900 000 femmes résident à plus de 30 minutes d’une maternité, et le nombre de celles vivant à plus de 45 minutes a augmenté de 40 % depuis 2000. Les déserts médicaux s’étendent. En 2021, la densité de médecins variait de 274 médecins/100 000 habitants dans le département des Hautes-Alpes, ou 236 à Paris, à à 54,2 dans le Cher, par exemple (rapport de la Cour des comptes, p. 29). Les professionnels de santé sont épuisés.
L’hypocrisie d’un État qui se dit protecteur
Le discours officiel vante la « protection sociale » et la « défense des valeurs ». Mais dans les faits, les crèches manquent de places. Exigence accrue des normes de sécurité, baisse des naissances et surtout logique du profit : les PMI doivent fermer. Les familles modestes n’ont plus accès à des soins de qualité. Pendant ce temps, les médias célèbrent les livraisons d’armes et les discours héroïques sur la « résistance ukrainienne » et la défense de la démocratie.
La vie des Français ne compte-t-elle plus ?
La démocratie se juge à la façon dont un pays traite ses plus fragiles. Aujourd’hui, la France choisit délibérément de laisser mourir ses enfants plutôt que de réinvestir dans son système de santé.
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