Une nouvelle attaque ukrainienne de drones a frappé Moscou dans la nuit de mercredi à jeudi. La cible la plus sensible semble être la raffinerie MNPZ de Kapotnia, dans le sud-est de la capitale russe, un site stratégique lié à l’approvisionnement en carburant de Moscou.
🇺🇦🇷🇺 EN IMAGES | La déflagration a été si puissante qu’un large couvercle métallique situé au-dessus de la raffinerie a été projeté à plusieurs mètres de hauteur. pic.twitter.com/au7IlriuFF https://t.co/Ilpiuwqv9J
— Cerfia (@CerfiaFR) June 18, 2026
Selon le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, plusieurs drones ont atteint la raffinerie malgré l’intervention de la défense antiaérienne russe. L’attaque a aussi entraîné des perturbations dans les transports aériens, avec des restrictions et des évacuations temporaires à l’aéroport de Moscou-Chérémétievo.
Cette frappe intervient alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine entre dans une phase de plus en plus risquée. Kiev ne se contente plus de viser les zones frontalières ou les territoires disputés : l’armée ukrainienne cherche désormais à toucher des infrastructures situées dans la capitale russe ou autour d’elle. Une dynamique déjà visible lors d’une précédente attaque massive de drones dans la région de Moscou.
Zelensky assume l’attaque contre Moscou
Volodymyr Zelensky a justifié cette opération. Dans un message transmis à la presse, le président ukrainien a déclaré :
« Nous ne voulons pas cette guerre et ne l’avons jamais voulue. Mais si l’Ukraine brûle, votre Moscou brûlera aussi. »
Zelensky a aussi affirmé que les Russes devaient comprendre qu’un seul homme, Vladimir Poutine, poursuivait ce conflit pendant que les civils en payaient le prix.
Cette déclaration marque un durcissement du discours ukrainien. En visant une infrastructure énergétique à Moscou, l’Ukraine ne cherche pas seulement un effet militaire. Elle cherche aussi un effet psychologique : montrer que la capitale russe n’est plus hors de portée.
La raffinerie MNPZ, un site sensible pour Moscou
La raffinerie MNPZ de Kapotnia appartient à Gazprom Neft. Elle joue un rôle important dans l’approvisionnement en carburant de la capitale russe, y compris pour les besoins liés aux transports et aux aéroports.
Mardi déjà, cette même raffinerie aurait été visée par une attaque ukrainienne. La répétition des frappes indique que Kiev veut exercer une pression durable sur les infrastructures énergétiques russes, en particulier celles qui soutiennent l’effort de guerre ou la logistique intérieure.
Pour Moscou, ce type d’attaque pose un problème politique autant que militaire. Si une raffinerie majeure de la capitale peut être touchée à plusieurs reprises, cela donne l’image d’un système de défense fragilisé, malgré les moyens déployés autour de Moscou.
Poutine à Kazan pendant l’attaque
Pendant que Moscou était visée, Vladimir Poutine se trouvait à Kazan, où il recevait des dirigeants asiatiques dans le cadre du sommet Russie-ASEAN. Le rendez-vous devait surtout servir à renforcer les relations économiques et politiques entre Moscou et plusieurs pays d’Asie du Sud-Est.
Dans son discours de jeudi matin, le président russe n’a pas directement évoqué l’attaque contre Moscou. Ce silence ne signifie pas absence de réponse. Le Kremlin communique rarement à chaud sur ses choix militaires, surtout lorsqu’une frappe touche un symbole aussi sensible que la capitale.
Le calendrier est toutefois lourd de sens. Au moment où la Russie cherche à montrer qu’elle reste un acteur diplomatique solide, capable d’attirer des partenaires asiatiques malgré les sanctions occidentales, l’Ukraine frappe une infrastructure stratégique à Moscou.
Une riposte russe à prévoir ?
Moscou n’a pas encore annoncé de réponse précise. Mais l’attaque de la raffinerie de Kapotnia risque d’être perçue comme un franchissement supplémentaire. Depuis le début du conflit, chaque frappe ukrainienne sur le territoire russe a souvent été suivie par des bombardements russes plus intenses contre les infrastructures ukrainiennes.
Kiev affirme agir en réponse aux missiles russes qui ont visé la capitale ukrainienne durant la nuit. Une attaque de missiles contre Kiev a d’ailleurs été confirmée par Tymour Tkatchenko, chef de l’administration militaire de la ville, sans bilan immédiat de victimes ni de dégâts dans les premières heures.
Le conflit suit donc une logique dangereuse : chacun présente son opération comme une réponse à l’autre. Dans cette mécanique, les infrastructures énergétiques, les aéroports et les villes deviennent des cibles de plus en plus fréquentes.
Le dossier Iran–États-Unis en arrière-plan
Cette séquence intervient aussi dans un contexte international tendu. Les discussions entre Washington et Téhéran restent suivies de près, notamment après l’annonce d’une trêve entre l’Iran et les États-Unis avant de nouvelles négociations.
Le dossier iranien pèse sur l’équilibre mondial, en particulier autour du détroit d’Ormuz, sujet déjà évoqué dans notre article sur le rapport de force entre Washington, Téhéran et le détroit d’Ormuz.
Dans ce climat, chaque front compte. Ukraine, Russie, Iran, États-Unis : les crises avancent en parallèle, mais elles se répondent aussi par leurs effets diplomatiques, énergétiques et militaires.
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