Une machine de propagande bien huilée
Dès 2013, Julian Assange dénonçait The Fifth Estate, un film sur WikiLeaks produit par DreamWorks, comme une œuvre de désinformation. Une scène fictive d’ouverture, dépeignant un complexe militaire iranien bardé de symboles nucléaires, insinuait que Téhéran développait une arme atomique, une affirmation qu’Assange qualifiait de « mensonge éhonté » sans lien avec les révélations de WikiLeaks. Cette accusation, initialement centrée sur un seul film, a été élargie récemment par l’organisation, qui voit dans des blockbusters comme Top Gun: Maverick ou des séries telles que 24 et Homeland une stratégie concertée. Ces productions, souvent soutenues par le Pentagone, présentent l’Iran comme une menace existentielle, semant les graines d’un conflit dans l’imaginaire collectif.
Hollywood script writers who say they are ‘Jewish’ have been planting the mental seeds for war with Iran for years, including in Top Gun Maverick, Homeland, 24, and in the DreamWorks film on Julian Assange ‘The Fifth Estate’. Excerpt from Oxford Union speech, 30 January 2013.… pic.twitter.com/mVfsTQKW5e
— WikiLeaks (@wikileaks) June 22, 2025
« Les scénaristes hollywoodiens qui se disent « juifs » sèment le trouble dans les esprits depuis des années, notamment dans « Top Gun Maverick », « Homeland », « 24 heures chrono » et dans le film de DreamWorks « Le Cinquième Pouvoir ». »
Extrait du discours prononcé par Julian Assange à l’Oxford Union le 30 janvier 2013
Hollywood et le Pentagone : une vieille alliance
L’idée d’une propagande hollywoodienne n’est pas nouvelle. Dans les années 30, les grands studios dirigés par des juifs collaborent avec l’Allemagne nazie afin de pouvoir continuer à vendre leurs films au premier pays d’exportation de l’époque, plutôt que de combattre l’antisémitisme qui gagne la société américaine. Pas de personnages juifs à l’écran, pas de dénonciation à l’égard du troisième Reich. L’entrée en guerre des États-Unis, contraint l’industrie à produire des « films interventionnistes » et à lutter enfin contre l’Allemagne nazie.
Actuellement, les Américains doivent être préparés à soutenir la domination mondiale de leur industrie et de leur finance. Hollywood est une machine à rêve. Du rêve américain à la guerre, les scénarios sont contrôlés ou même écrits par la CIA et le Pentagone. Ce sont eux qui désignent à Hollywood le méchant de l’heure. Il a été chinois, russe, aujourd’hui il est aussi iranien.
Depuis des décennies, le Département de la Défense américain collabore avec les studios, offrant matériel et expertise en échange de récits glorifiant l’armée ou diabolisant ses adversaires. Des films comme Zero Dark Thirty ou Top Gun ont bénéficié de ce soutien, et Top Gun: Maverick (2022), avec sa mission contre une installation nucléaire d’un ennemi anonyme mais évocateur de l’Iran, s’inscrit dans cette lignée. Les séries Homeland et 24, par leurs intrigues centrées sur des terroristes ou des programmes nucléaires moyen-orientaux, renforcent les stéréotypes anti-iraniens. Le livre Reel Bad Arabs de Jack Shaheen, cité par WikiLeaks, documente cette tendance à vilipender les peuples du Moyen-Orient.
Un narratif au service des globalistes
WikiLeaks soutient que cette offensive culturelle vise à préparer les populations occidentales à une guerre, dans un contexte où les tensions avec l’Iran s’intensifient, notamment après les frappes israéliennes de juillet 2025. Les câbles de Cablegate (2010) révélaient déjà les pressions de l’Arabie saoudite et d’autres alliés pour une action militaire contre Téhéran, suggérant un agenda géopolitique de longue date. En façonnant un ennemi iranien dans l’inconscient collectif, Hollywood jouent le rôle d’un « soft power » globaliste, rendant les interventions militaires plus digestes.
Une alerte à prendre au sérieux
L’influence d’Hollywood sur les perceptions globales est indéniable. Dans un monde où la fiction façonne les réalités géopolitiques, les mises en garde de WikiLeaks rappellent que le divertissement n’est jamais neutre. Alors que le Moyen-Orient s’embrase, ces accusations, portées par la voix d’Assange, incitent à questionner les récits servis par les écrans et à scruter les intentions des élites qui les financent. Face à cette guerre des narratifs, le public doit aiguiser son esprit critique pour ne pas devenir le jouet d’une propagande insidieuse.
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